Le climat était électrique, ce mercredi 27 août, à la Cour de cassation à Kinshasa. Attendu avec impatience par l’opinion, le verdict dans le procès de Me Constant Mutamba, ancien ministre de la Justice n’a finalement pas été rendu. Selon plusieurs sources judiciaires concordantes, la haute juridiction a choisi de renvoyer la décision à une date ultérieure, face à une atmosphère de plus en plus tendue alimentée par la présence et la ferveur des sympathisants du leader politique de la NOGEC.
Depuis l’annonce du calendrier judiciaire, des centaines de partisans de Mutamba avaient pris position aux alentours du Palais de justice, déterminés à faire entendre leur voix. Chants, slogans et pancartes hostiles à ce qu’ils qualifient de « procès politique » ont rythmé l’attente. La veille déjà, le Parquet de Kinshasa/Gombe avait adressé deux réquisitions à la Police nationale congolaise, l’enjoignant de « prendre toutes les mesures nécessaires pour prévenir tout dérapage ».
Ce renforcement sécuritaire s’est traduit par une forte présence policière dans et autour du siège de la Cour de cassation : barrières dressées, fouilles systématiques et patrouilles renforcées. Une démonstration de force qui n’a toutefois pas suffi à dissiper l’impression que le rapport de force s’était déplacé de la salle d’audience vers la rue.
Une décision sous tension
« Le verdict n’aura finalement pas lieu ce mercredi », glisse un magistrat, sous couvert d’anonymat. Derrière cette phrase sobre, se cache une réalité plus lourde. La crainte que l’annonce d’une décision défavorable à Mutamba ne provoque une flambée incontrôlable de colère parmi ses sympathisants. La Cour de cassation a donc préféré temporiser, une manière implicite de reconnaître la pression de la rue.
Mutamba, symbole d’un bras de fer politique
Me Constant Mutamba, avocat et figure politique montante, cristallise depuis plusieurs mois l’attention de l’opinion publique. Ses partisans dénoncent une tentative d’écarter un jeune gênant, tandis que ses détracteurs l’accusent de jouer avec les règles pour renforcer sa posture politique. Quoi qu’il en soit, son procès a pris des allures de test grandeur nature pour la justice congolaise, placée entre l’exigence d’indépendance et le poids des pressions populaires et politiques.
Et maintenant ?
La nouvelle date du verdict n’a pas été communiquée, accentuant l’incertitude. Mais une chose est sûre : chaque report nourrit davantage la tension. Entre une justice qui tente de préserver son autorité et des partisans déterminés à faire plier l’institution, le procès Mutamba s’impose désormais comme l’un des symboles les plus sensibles du bras de fer entre pouvoir, opposition et opinion publique.
Patient Mukuna









