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UDPS en plein chaos : quand le parti présidentiel se déchire pour dix pour cent

À moins de trois ans de la fin du mandat de Félix Tshisekedi, le parti présidentiel, l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS), sombre dans une confusion qui frise la caricature. Entre communiqués contradictoires, accusations croisées et manipulations internes, l’image du plus vieux parti d’opposition, devenu parti au pouvoir, se délite sous les yeux de l’opinion nationale.

Tout est parti d’une instruction relative à la contribution statutaire de 10 % des rémunérations des membres du Parti investis de fonctions politiques. Une exigence légale, prévue à l’article 60 des Statuts de l’UDPS, mais qui est aujourd’hui instrumentalisée par les deux ailes rivales qui se disputent la direction : le camp Augustin Kabuya, actuel secrétaire général, et le camp Déogratias Bizibu, ancien secrétaire général destitué.

Dans un communiqué officiel, la Présidence de l’UDPS/TSHISEKEDI, dirigée par Kabuya, a rappelé à l’ordre tous les ministres, gouverneurs, mandataires publics et cadres du cabinet présidentiel : ils ont sept jours pour justifier le paiement de cette redevance obligatoire, sous peine de sanctions. Kabuya s’appuie sur une instruction attribuée à la « Haute Autorité de Référence », Félix Tshisekedi, donnée lors d’une messe en mémoire des pères fondateurs du parti.

Mais, aussitôt, l’aile Bizibu a répliqué en dénonçant une « manipulation grossière » et en opposant un démenti formel. Selon eux, le Chef de l’État n’a donné aucune directive nouvelle, rappelant que la cotisation est une disposition déjà clairement inscrite dans les Statuts du Parti. À travers ce bras de fer, Bizibu accuse Kabuya de vouloir instrumentaliser la mémoire des fondateurs pour resserrer son emprise sur les membres du Parti, tandis que Kabuya voit dans son rival un politicien déchu, en quête de revanche.

Une crise qui fragilise le pouvoir

Derrière ce conflit autour de dix pour cent se cache une lutte bien plus profonde : le contrôle des ressources financières et de l’appareil du parti. Car, dans un contexte où l’UDPS se prépare déjà pour les batailles électorales à venir, les caisses du parti représentent une arme redoutable pour influencer, fidéliser et contrôler.

Cette guerre interne expose au grand jour une vérité gênante. l’UDPS, jadis symbole de résistance et de discipline militante, se transforme en un champ de bataille d’intérêts personnels et de rivalités fratricides. Pendant que les deux camps se déchirent, l’opinion publique s’interroge : à qui profite ce chaos ? Certainement pas au Chef de l’État, dont l’image de rassembleur est affaiblie par les querelles intestines de son propre camp. Encore moins à la population congolaise, qui attend de ce parti des solutions aux crises économiques, sociales et sécuritaires.

En insistant sur la contribution des mandataires et membres du gouvernement, l’UDPS affiche une obsession pour la caisse au détriment d’un projet politique cohérent. Les fondateurs, dont la mémoire est invoquée à chaque occasion, doivent se retourner dans leurs tombes face à cette dégénérescence organisationnelle.

Au lieu de donner l’exemple d’un parti fort, discipliné et tourné vers la gouvernance, l’UDPS se présente aujourd’hui comme une maison en feu, où les pompiers se battent pour le tuyau d’arrosage.

Certains observateurs voient dans ce désordre une stratégie délibérée pour neutraliser tout contre-pouvoir interne et maintenir le flou autour de la gestion des cotisations. D’autres estiment que ce chaos arrange des forces extérieures au parti, qui n’ont aucun intérêt à voir l’UDPS redevenir un mouvement discipliné et structuré.

Quoi qu’il en soit, la désorganisation actuelle fragilise non seulement le parti présidentiel, mais aussi la légitimité de Félix Tshisekedi. Car un parti divisé, en guerre permanente contre lui-même, ne peut ni convaincre, ni mobiliser, ni encore moins gouverner efficacement.

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