La scène politique congolaise n’en finit pas de surprendre. Le nom du professeur André Mbata, constitutionnaliste respecté et orateur redoutable de l’Assemblée nationale, est aujourd’hui au cœur d’un débat troublant. Comment un universitaire de sa trempe en est-il venu à donner de sa voix dans des registres qui frôlent parfois la théâtralité et la mise en scène ?
L’ancien gouverneur du Lualaba, Richard Muyej, n’a pas caché son désarroi face à ce qu’il qualifie de « dérive inquiétante » d’un homme qu’il dit avoir longtemps respecté.
« J’ai connu le professeur Mbata comme un érudit, un homme rigoureux qui pesait chaque mot. Aujourd’hui, je le vois osciller entre la rigueur académique et des apartés qui relèvent plus du spectacle que du sérieux de la fonction. Cela m’inquiète profondément », a écrit Richard Muyej sur son compte X.
Dans une vidéo devenue virale, on découvre le professeur Mbata, d’ordinaire prompt à décortiquer des articles de la Constitution avec un ton professoral, entonner un « Happy Birthday » avec l’enthousiasme d’un animateur de soirée. Une scène qui a laissé perplexe plus d’un observateur.
« La politique congolaise ne peut pas se réduire à une succession de sketchs ou de numéros de cirque. Elle doit rester un espace de vérité, de débat d’idées et de rigueur morale. Quand ceux qui sont censés incarner la norme s’essaient au divertissement, que reste-t-il de la crédibilité des institutions ? », s’interroge encore Muyej.
Richard Muyej estime que cette attitude brouille le message et fragilise la confiance du peuple envers ses représentants.
« Le professeur Mbata est un funambule constitutionnel : un jour défenseur intraitable de la lettre du texte, le lendemain ouvert aux ajustements dictés par les vents politiques. Ce double langage entretient la confusion et empêche le pays de retrouver la voie de la vérité », a-t-il confié.
Et d’ajouter :
« Si nous voulons retrouver la face de Dieu, il n’y a qu’une seule voie : celle de la vérité. Invitons-nous à un vrai débat, sans artifices, sans mascarade. Car la RDC mérite mieux que des improvisations théâtrales.»
À travers ses mots, c’est toute une inquiétude qui transparaît : celle de voir les institutions se transformer en scènes de spectacle, où les acteurs politiques rivalisent de performances plutôt que d’engagement pour la nation.
Ben AKILI









