Alors que la Fondation Thabo Mbeki organise, du 3 au 6 septembre, une conférence intercongolaise visant à promouvoir la paix en République démocratique du Congo (RDC), certaines voix s’élèvent pour dénoncer un déséquilibre dans la représentation des acteurs religieux. Parmi elles, l’archevêque Dodo Israël Kamba, président du Conseil interreligieux congolais (CIC), a pris la parole ce jeudi 28 août pour clarifier sa position.
« Vous savez que tout ce qui peut être initié comme une pensée visant à apporter la paix dans notre pays ne peut être considéré que comme une initiative à louer », a-t-il déclaré. Tout en soulignant son soutien au principe de la conférence, l’archevêque Kamba a émis des réserves sur la manière dont celle-ci est organisée et sur l’exclusion de certaines confessions religieuses.
Selon lui, seules la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO) et l’Église du Christ au Congo (ECC) ont été invitées, laissant de côté le CIC et d’autres voix religieuses qui devraient également être associées à un processus aussi sensible. « Il serait nécessaire de prendre en compte ceux qui ne sont pas d’accord avec l’approche ou l’initiative du Tandem 5 co-SSC. Je considère donc que cette analyse est profondément fondée », a insisté l’archevêque.
Dodo Kamba a également mis en avant l’importance de la neutralité religieuse et de la laïcité de l’État. Selon lui, pour que les échanges soient crédibles et constructifs, il est essentiel que toutes les tendances religieuses et confessionnelles soient entendues et prises en compte. « L’essentiel est d’écouter tout le monde afin de pouvoir aboutir à des résolutions qui puissent rassembler les gens », a-t-il précisé.
Le prélat a ajouté que la conférence ne devrait pas se limiter aux positions du Tandem 5 co-SSC et de leurs alliés, mais inclure également les autres leaders religieux et confessions, afin de garantir un équilibre nécessaire à la crédibilité du processus. Il a rappelé que même au niveau international, ces paramètres de représentativité doivent être considérés pour que l’initiative porte ses fruits.
Cette intervention intervient alors que Kinshasa a décliné l’invitation à la conférence, suscitant des interrogations sur l’inclusivité et l’efficacité d’un forum censé rassembler les forces vives du pays pour promouvoir la paix. L’archevêque Dodo Israël Kamba appelle donc à un élargissement des participants et à un dialogue plus inclusif, pour que l’initiative ne se limite pas à une minorité d’acteurs, mais reflète la diversité de la société congolaise.
Emmanuel Kamba









