Dans un pays où les inégalités d’accès aux soins demeurent criantes, l’Association congolaise pour la libération et le développement de la maman handicapée (Acoldemha) s’est dressée, ce jeudi, en véritable porte-voix des personnes vivant avec handicap (PVH). À travers une journée de réflexion participative organisée à Kinshasa, cette structure a mis en lumière les multiples obstacles qui limitent encore l’accès des PVH aux services de santé sexuelle et reproductive, un droit fondamental trop souvent bafoué.
« Nous avons voulu impliquer les parties prenantes dans l’analyse du niveau d’inclusion des PVH, dans l’identification des obstacles ainsi que dans la formulation des solutions adaptées », a martelé Francky Mantuala, conseiller technique de l’Acoldemha, devant un parterre d’acteurs sociaux, médicaux et institutionnels.
Les témoignages recueillis lors de cette rencontre dressent un constat alarmant : infrastructures médicales inadaptées, absence de formation du personnel soignant, stigmatisation persistante, pauvreté chronique et marginalisation sociale. Ces réalités, combinées, réduisent drastiquement les chances des PVH de bénéficier de soins appropriés, notamment en matière de santé sexuelle et reproductive.
« Comment peut-on encore accepter qu’une femme handicapée soit humiliée lorsqu’elle demande un service de planification familiale ? Comment tolérer que des structures de santé restent inaccessibles aux fauteuils roulants ? », a fustigé un participant, dénonçant l’indifférence coupable des décideurs.
Pour l’Acoldemha, il ne s’agit pas seulement de dénoncer, mais d’agir avec détermination. L’association appelle à : l’aménagement inclusif des infrastructures sanitaires ; la formation du personnel médical à une prise en charge adaptée et respectueuse et la mise en place de politiques publiques fermes et budgétisées garantissant l’accès équitable aux services de santé pour tous, sans discrimination.
« Nous ne quémandons pas la charité, nous réclamons des droits ! », a insisté Francky Mantuala, soulignant que l’accès aux soins sexuels et reproductifs pour les PVH n’est pas un luxe, mais une exigence de dignité et d’égalité.
Cette rencontre s’est conclue par un appel vibrant à l’État congolais et à ses partenaires internationaux pour qu’ils intègrent pleinement la question du handicap dans leurs politiques de santé. Car, comme l’a rappelé un intervenant. «Une société qui abandonne ses plus vulnérables n’a pas d’avenir.»
L’initiative de l’Acoldemha vient ainsi rappeler avec force que l’inclusion des PVH dans les services de santé sexuelle et reproductive n’est pas une faveur, mais un impératif moral, social et juridique.
Grâce Mukoj









