Le procès de l’ancien ministre de la Justice, Constant Mutamba, poursuivi devant la Cour de cassation pour détournement présumé de fonds publics, continue de polariser l’opinion congolaise. Le verdict, initialement attendu le 27 août, a été reporté au mardi 2 septembre 2025, suscitant de fortes tensions parmi ses partisans.
Lors d’une conférence de presse tenue ce samedi 30 août à Kinshasa, le secrétaire permanent et porte-parole du Conseil supérieur de la magistrature (CSM), Télesphore Nduba, a rappelé que ce dossier n’avait rien « d’exceptionnel », rejetant toute idée de procès politique.
« Nul n’est au-dessus de la loi »
Face aux dérapages constatés le 27 août dernier, notamment des attroupements autour de la Cour de cassation, le CSM a réaffirmé que la justice congolaise agit au nom du peuple et que ses décisions doivent être respectées par tous.
« Le procès en cours devant la Cour de cassation, qui n’est pas le premier à concerner des personnalités politiques, demeure un procès ordinaire. La justice congolaise a déjà instruit plusieurs dossiers de détournements impliquant des hautes autorités, comme le procès de 100 jours, celui de Bukangalonzo, le procès de forage, ou encore le dossier Covid-19 », a insisté M. Nduba.
Il a souligné que les poursuites engagées contre Constant Mutamba s’inscrivent dans une tradition judiciaire bien établie et ne relèvent d’aucune manipulation politique.
Interrogé sur le report du prononcé du verdict, le porte-parole du CSM a justifié la décision par le volume du dossier et le nombre important de témoins et d’avocats impliqués.
« L’aud889ii99i9ience prévue pour le 27 août a été renvoyée au 2 septembre 2025. Ce renvoi est légal et vise uniquement à permettre aux juges de statuer avec toute la sérénité requise, en tenant compte des éléments de preuve apportés », a-t-il expliqué.

Avertissement contre les troubles à l’ordre public
Le Conseil supérieur de la magistrature dit avoir pris acte des menaces adressées aux juges par certains partisans de l’ancien ministre. Il a fermement mis en garde ceux qui envisageraient de perturber l’audience prévue mardi prochain.
« Tous ceux qui viendront troubler l’ordre public s’exposeront à la rigueur de la loi », a averti M. Nduba, tout en appelant l’Hôtel de ville de Kinshasa à prendre des mesures pour garantir la sécurité autour de la Cour de cassation.
Alors que le verdict est attendu dans deux jours, les regards restent tournés vers la haute juridiction congolaise. Le CSM insiste sur l’indépendance des magistrats et leur engagement à juger cette affaire « en toute liberté et conformément à leur serment ».
L’institution appelle enfin les médias à couvrir le procès avec professionnalisme, afin d’éviter la désinformation et d’apaiser les tensions.
Mardi 2 septembre, la Cour de cassation rendra donc sa décision dans une affaire qui, au-delà du sort de Constant Mutamba, interroge sur la capacité de la justice congolaise à résister aux pressions politiques et populaires.
Patient Mukuna









