L’Initiative pour la Protection des Droits de l’Homme et la Réinsertion Sociale (IPDHOR) tire la sonnette d’alarme face à des pratiques jugées irrégulières et préoccupantes dans la gestion du site destiné à la Zone Économique Spéciale (ZES) de Musompo, dans la province du Lualaba.
Après une mission d’investigation approfondie et des échanges avec les communautés locales de Misamba 1 et Misamba 2, l’ONG dénonce des faits qui menacent la transparence et l’équité autour de ce projet stratégique en démontrant que certains agents du cadastre continueraient à distribuer des parcelles et à autoriser des constructions dans le périmètre de 1000 hectares pourtant réservé à la ZES de Musompo.
Les populations concernées dénoncent également un processus d’identification des maisons, mené en 2022, totalement opaque et non inclusif. Selon elles, cette opération aurait été réalisée exclusivement par les services du cadastre, sans consultation ni participation effective des victimes. Aucun document crédible ne permet de confirmer l’existence de cette identification.
L’IPDHOR souligne que la majorité des terres concernées sont coutumières et que les habitants ne disposent pas des documents cadastraux nécessaires pour bénéficier de l’indemnisation prévue par l’Arrêté ministériel du 8 juillet 2025. Cette situation crée un risque réel d’exclusion pour de nombreuses victimes et pourrait intensifier les conflits communautaires autour du projet.
Face à cette situation, l’ONG appelle les autorités provinciales et nationales à agir avec diligence :
- Mener des enquêtes rigoureuses et sanctionner les agents du cadastre impliqués dans l’exploitation illégale du site.
- Sensibiliser les communautés locales sur l’importance et l’utilité publique du projet de ZES.
- Reprendre l’identification des victimes dans un processus inclusif et transparent, garantissant une indemnisation juste et équitable.
- Vulgariser l’Arrêté ministériel sur l’expropriation pour cause d’utilité publique afin que chaque communauté connaisse ses droits.
- Impliquer régulièrement les populations locales dans le suivi et la mise en œuvre du projet pour éviter toute marginalisation.
L’IPDHOR conclut en soulignant que la réussite de la ZES de Musompo dépendra de la transparence, de la justice sociale et du respect des droits des communautés locales. À défaut, ce projet pourrait devenir un foyer de tensions et de conflits plutôt qu’un moteur de développement économique.
Ben AKILI









