La nouvelle est tombée comme un couperet. Ce mardi 02 septembre 2025, le Tribunal de Grande Instance de Kinshasa/Gombe a condamné l’ancien ministre de la Justice et président du regroupement politique Nouvelle Énergie du Congo (NEC), Constant Mutamba, à trois ans de travaux forcés et 5 ans d’interdiction de droit de vote. Une décision qui a aussitôt déclenché une vague d’indignation dans son camp politique, qui crie à un procès politique taillé sur mesure pour écarter une voix discordante de la scène nationale.
Un verdict controversé
Reconnu coupable d’« outrage aux institutions » et d’« incitation à la haine », Constant Mutamba, figure montante de l’opposition congolaise, voit son destin politique brutalement brisé. Pour beaucoup, cette condamnation sonne comme un avertissement lancé à tous ceux qui osent défier l’ordre établi. Ses avocats ont immédiatement dénoncé une mascarade judiciaire.
« Le dossier était vide, l’instruction bâclée. Tout cela n’avait qu’un seul objectif : abattre Mutamba », a déclaré l’un d’eux à la presse, visiblement révolté.
Dès l’annonce du verdict, des centaines de militants de son parti ont envahi les rues de Kinshasa, brandissant des pancartes où l’on pouvait lire : « Non à la justice instrumentalisée » ou encore « Libérez Mutamba, la voix du peuple ».
Pour eux, la justice congolaise n’a été qu’un bras armé du pouvoir exécutif, muselant un acteur politique dont la popularité grandissait à la veille des grands rendez-vous électoraux. Un proche collaborateur de Mutamba, le visage marqué par la colère, a lancé : « Comment peut-on parler d’État de droit quand un opposant est condamné sur base de simples opinions exprimées ? Ce procès restera une honte dans les annales judiciaires du Congo. »
Une onde de choc politiqueCette condamnation intervient dans un contexte explosif où les tensions politiques ne cessent de s’aggraver en RDC. Beaucoup y voient un signal inquiétant. La consolidation d’une démocratie de façade où les voix critiques sont réduites au silence par des jugements expéditifs. Certains analystes vont plus loin, parlant d’un « assassinat politique » orchestré pour neutraliser Mutamba.
Si ses avocats promettent d’interjeter appel, les artisans politiques et sociaux qui croyaient en lui estiment que cette décision met à nu le vrai visage de la justice congolaise : sélective, partiale et inféodée au pouvoir.
À Kinshasa comme en provinces, l’affaire Mutamba s’annonce comme un véritable test de crédibilité pour les institutions du pays. Car derrière ce verdict, c’est toute la question de la liberté d’expression, de la justice équitable et de l’avenir de l’opposition qui est posée.
Patient Mukuna









