Le leader de l’opposition congolaise, Martin Fayulu, a pris tout le monde de court en annonçant qu’il ne prendra pas part à la conférence de paix et de sécurité organisée en Afrique du Sud par la Fondation Thabo Mbeki. Une décision lourde de sens, marquée par un ton ferme et des critiques sévères.
Dans une déclaration sans ambiguïté, le président de l’Engagement pour la Citoyenneté et le Développement (Écidé) a dénoncé ce qu’il qualifie de « manque de clarté et de transparence » autour de la rencontre. Selon lui, la Fondation n’a pas communiqué suffisamment sur la liste des participants, les thématiques centrales, l’agenda des travaux ni même les dispositions protocolaires prévues.
« Je ne peux pas prendre part à un rendez-vous dont les contours restent flous, surtout lorsqu’il s’agit d’un sujet aussi sensible que la paix et la sécurité en Afrique », a martelé Fayulu.
Derrière cette rétractation se lit une volonté claire, celle de ramener le débat sur la crise congolaise dans son cadre national et légitime. Martin Fayulu exhorte la Fondation Thabo Mbeki à soutenir plutôt le processus de Kinshasa conduit par la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO) et l’Église du Christ au Congo (ECC). Pour lui, ces deux institutions religieuses représentent un ancrage crédible, impartial et enraciné dans la réalité congolaise.
Ce geste est interprété par plusieurs analystes comme un signal fort envoyé à la communauté internationale, rappelant que le Congo ne saurait être réduit à des arrangements de coulisses ou à des dialogues improvisés loin de son sol. Fayulu cherche ainsi à réaffirmer la souveraineté du processus interne et la légitimité des acteurs congolais.
En refusant de prendre part à cette conférence internationale, Martin Fayulu envoie un message clair : il ne cautionnera pas un dialogue opaque qui pourrait déboucher sur des compromis au détriment des aspirations du peuple congolais.
Son choix apparaît donc comme un coup de pression, à la fois sur la Fondation Thabo Mbeki mais aussi sur d’autres acteurs politiques tentés de privilégier des démarches extérieures au détriment d’un cadre national.À la veille de grands enjeux politiques en RDC, cette prise de position confirme la ligne dure du président de l’Écidé. Intransigeance sur la transparence, refus des arrangements obscurs et défense de la légitimité congolaise.
Emmanuel Kamba









