Le deuxième Dialogue annuel sur la paix et la sécurité en Afrique (APSD 2025 – African Peace and Security Dialogue), organisé par la Fondation Thabo Mbeki, s’est ouvert le mercredi 3 septembre à Gauteng, en Afrique du Sud. L’événement, qui se tient jusqu’au 6 septembre, réunit un parterre prestigieux d’anciens chefs d’État, de responsables politiques, diplomatiques et religieux, d’universitaires ainsi que d’experts en sécurité, autour d’une question centrale : comment bâtir une paix durable sur un continent confronté à une multiplication de crises ?
Pour marquer son intérêt pour ce rendez-vous continental, l’ancien président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila Kabange, a choisi de déléguer certains de ses plus proches collaborateurs politiques. Conduite par le professeur Néhémie Mwilanya, dernier directeur de cabinet de Kabila, la délégation était composée de André Kimbuta, ancien gouverneur de Kinshasa, de Francine Muyumba, ex-sénatrice et ancienne présidente de l’Union panafricaine de la jeunesse, ainsi que de Félix Momat, ancien vice-ministre du Budget.
La présence de ces figures du Front Commun pour le Congo (FCC) au Dialogue de Gauteng illustre la volonté du camp Kabila de continuer à jouer un rôle dans les réflexions stratégiques sur la sécurité et la gouvernance en Afrique.
La cérémonie d’ouverture, présidée par Thabo Mbeki, ancien président sud-africain et fondateur de la Fondation qui porte son nom, a placé le ton. Devant une assistance composée d’acteurs venus d’Afrique et d’ailleurs, il a insisté sur la nécessité de « trouver des réponses africaines à des défis africains », en appelant à des mécanismes de dialogue inclusifs et transparents.
Le panel inaugural de haut niveau, tenu en soirée de 18h à 20h, a réuni trois grandes personnalités du continent : Cassan Uteem, ancien président de Maurice ; Joaquim Chissano, ancien président du Mozambique ; et l’ambassadeur Welile Nhlapo, ex-conseiller à la Sécurité nationale d’Afrique du Sud. Tous ont convergé sur la même idée : la paix en Afrique doit être envisagée comme un projet collectif, exigeant courage politique, justice sociale et coopération régionale.
Placé sous le thème : « Priorités pour la paix et la sécurité en Afrique dans un contexte de crises multiples », le Dialogue de Gauteng se penche sur des réalités brûlantes : l’expansion des conflits armés, la montée du terrorisme, l’ingérence étrangère, mais aussi les inégalités socio-économiques qui nourrissent la fragilité des États.
En envoyant une délégation de haut niveau, Joseph Kabila, dont le mandat présidentiel a été marqué par des enjeux sécuritaires majeurs en RDC, veut sans doute rappeler son attachement à la quête d’une stabilité africaine durable, et positionner son parti, le FCC, comme un acteur de premier plan dans les débats panafricains sur la paix et la sécurité.
Maxime Mbumba









