Un vent de contestation souffle sur la chambre basse du Parlement. Le député national Crispin Mbindule, élu de Butembo, hausse le ton et exige sans détour la démission de Vital Kamerhe et de tout son bureau, accusés d’incompétence et de gestion opaque.
Dans un entretien exclusif accordé à Surveillance.cd ce mercredi 10 septembre, l’élu du Nord-Kivu n’a pas mâché ses mots.
« Vital Kamerhe doit partir, de gré ou de force. Cela fait plusieurs années qu’il s’accroche à la tête de l’Assemblée nationale sans résultats. Le bureau qu’il dirige viole le règlement intérieur et bloque le travail parlementaire », a-t-il déclaré.
Selon lui, plus de 148 questions écrites adressées au gouvernement sont restées sans réponse, preuve de l’inefficacité de l’équipe en place. Une situation qu’il juge intolérable.
« Avec une telle manière de diriger, il n’y a plus aucune raison de le maintenir à la tête de cette grande institution du pays », poursuit ce député national.
Une gestion décrite comme dictatoriale
Le constat dressé par Crispin Mbindule est sans appel. Il accuse le bureau actuel d’humilier les députés, de pratiquer des intimidations et de mener une gestion opaque des affaires de la chambre basse.
« Vital Kamerhe a transformé l’Assemblée nationale en un espace de dictature pure et simple », dénonce-t-il avec fermeté.
Plus de 200 signatures déjà récoltées
L’initiative de destitution, portée par plusieurs élus, prend de l’ampleur. D’après Mbindule, plus de 200 députés ont déjà apposé leur signature pour exiger le départ de tout le bureau. Un élan qualifié « d’engouement hors pair », qui traduit la colère d’une grande majorité d’élus.
La frustration va bien au-delà des simples manquements administratifs. Crispin Mbindule accuse ouvertement un membre du bureau de comportements « non patriotes », allant jusqu’à s’afficher publiquement aux côtés des rebelles qui agressent la République.
Un combat démocratique soutenu par le peuple
Pour le député de Butembo, cette démarche n’est pas un coup de force, mais un acte démocratique et souverain.
« C’est une initiative libre, qui rencontre l’assentiment du peuple congolais et qui n’obéit à aucune injonction extérieure », martèle-t-il.
À la veille de la rentrée parlementaire de septembre, le ton est donné : la session s’annonce décisive et explosive. Mbindule et ses collègues promettent d’aller jusqu’au bout. «Nous sommes déterminés à faire tomber ce bureau, quoi qu’il en coûte.»
Vital Kamerhe, longtemps présenté comme un stratège politique, apparaît désormais aux yeux de nombreux élus comme un frein à la démocratie parlementaire. Son bureau est accusé d’avoir muselé le contrôle parlementaire, méprisé les élus, et réduit l’Assemblée nationale à un simple instrument de conservation du pouvoir. Pour Crispin Mbindule, l’heure n’est plus aux compromis, soit Kamerhe part, soit l’Assemblée nationale continue de sombrer dans la honte et l’illégitimité.
Ben AKILI









