Une colère sourde gronde dans les rangs des conseillers municipaux de la capitale. Décidés à ne plus rester spectateurs face à l’inaction gouvernementale, ces élus locaux ont investi le terrain de la Primature, ce jeudi, pour exiger du gouvernement congolais un geste immédiat : le financement de la Commission électorale nationale indépendante (CENI).
Leur message est clair et sans équivoque : sans argent, pas d’élections. Et sans élections, c’est la démocratie congolaise qui vacille.
« Nous ne pouvons pas accepter que le peuple, déjà meurtri par tant de crises, soit encore privé de son droit de choisir ses dirigeants à la date fixée », a tonné l’un des conseillers, dénonçant ce qu’il qualifie de « sabotage délibéré du calendrier électoral ».
Le 9 octobre approche à grands pas. Pourtant, la CENI, bras technique du processus, crie à l’asphyxie financière. Sans un décaissement rapide, plusieurs étapes cruciales risquent d’être compromises : la logistique, la formation des agents électoraux, et la sécurisation du matériel sensible.
Pour les conseillers municipaux, l’attitude du gouvernement relève d’un mépris flagrant envers la souveraineté du peuple congolais. « Laisser planer le doute sur la tenue des scrutins, c’est jeter de l’huile sur le feu d’un pays déjà fragile », ont-ils martelé devant la Primature.
Ces conseillers dénoncent un « double discours » de l’exécutif : d’un côté, les promesses réitérées du Premier ministre sur la tenue des élections à bonne date ; de l’autre, l’absence criante de moyens mis à disposition de la CENI.
Pour eux, il ne s’agit pas seulement d’une question administrative, mais d’un enjeu vital pour la démocratie. « Le respect du calendrier électoral est une ligne rouge. Si le 9 octobre est sacrifié, le gouvernement portera la responsabilité d’une nouvelle crise politique et institutionnelle », a averti un autre conseiller, visiblement furieux.
En brandissant leur colère à la Primature, ces élus municipaux espèrent créer une onde de choc. Leur démarche est un avertissement adressé à l’exécutif : le peuple ne tolérera pas un nouveau glissement.
Le sort des élections du 9 octobre se joue désormais entre la volonté politique réelle du gouvernement et la détermination des institutions citoyennes à défendre l’État de droit.
Emmanuel Kamba









