Le territoire de Lukolela est plongé dans le deuil après l’un des plus graves naufrages de ces dernières années. Dans la nuit du 11 septembre, la baleinière HB Bonga a sombré sur le fleuve Congo, à 122 km de Mbandaka, faisant 107 morts confirmés, 146 personnes toujours portées disparues et 209 rescapés.
Les témoignages des survivants, empreints d’effroi, évoquent une nuit d’horreur. Des familles entières ont été englouties, des enfants arrachés à la vie dans les eaux impitoyables du fleuve. Sur les berges de Lukolela, l’atmosphère est lourde : cris, larmes et colère se mêlent au désarroi d’une population qui se dit fatiguée de pleurer les mêmes tragédies, année après année.
« C’est toujours la même histoire : surcharge, vétusté des embarcations, absence de contrôle. Et ce sont nos vies qui partent à chaque fois », s’indigne un habitant de Mbandaka, révolté par ce qu’il qualifie de « négligence criminelle ».
Selon les premières informations recueillies, la baleinière transportait bien plus de passagers et de marchandises qu’autorisés. Un cocktail mortel, rendu encore plus dangereux par l’absence de gilets de sauvetage. Ces conditions réunies ont transformé un simple trajet fluvial en cauchemar national.
Le fleuve Congo, artère vitale du pays, est devenu trop souvent le théâtre d’hécatombes évitables. Chaque naufrage soulève la même indignation, mais la situation reste inchangée. La population, exaspérée, accuse l’État d’inaction et d’irresponsabilité.
Le deuil et l’urgence
À Lukolela, les familles endeuillées réclament vérité, justice et mesures concrètes. La douleur est immense, mais la colère gronde.
« Combien de morts faudra-t-il encore pour que les autorités assument enfin leurs responsabilités ? », clament les habitants, la gorge serrée.
Le Congo pleure encore une fois ses enfants, emportés par les flots. Mais au-delà des larmes, ce naufrage interpelle : combien faudra-t-il de drames pour que la navigation fluviale cesse d’être un cercueil flottant ?
Alfred Ngongo









