Menacé de perdre son fauteuil de président de l’Assemblée nationale, Vital Kamerhe a choisi la voie de l’apaisement ce lundi face aux députés nationaux. Dans un hémicycle surchauffé où ses détracteurs multiplient les appels à sa destitution, le leader de l’Union pour la Nation Congolaise (UNC) a tenu à rappeler son parcours et à tendre la main à ses collègues parlementaires.
« Le conflit avec le Rwanda m’a déjà coûté, à l’époque, le perchoir de l’Assemblée nationale », a déclaré Kamerhe, visiblement ému, en référence à sa démission forcée en 2009 après ses prises de position jugées hostiles à Kigali. Pour lui, l’histoire semble se répéter, dans un contexte où la question sécuritaire et les relations avec le Rwanda demeurent sensibles et clivantes au sein de la classe politique congolaise.
Conscient du climat tendu, le président de l’Assemblée a présenté des excuses publiques à ses collègues.
« S’il y en a parmi vous qui se sont sentis froissés, heurtés ou dérangés de quelque manière que ce soit par ma conduite ou mes propos, qu’ils daignent accepter l’expression de mes regrets les plus sincères, et j’implore leur pardon », a-t-il lancé. Un message qui sonne comme une volonté de désamorcer la fronde parlementaire et de sauver sa fonction.
Mais si certains élus saluent son geste d’humilité, d’autres y voient une manœuvre politique visant à gagner du temps. Ses opposants insistent sur ce qu’ils qualifient de «dérives» dans sa gestion de la chambre basse et promettent de maintenir la pression. Le bras de fer s’annonce donc décisif dans les prochains jours, avec en toile de fond la rivalité entre camps politiques et les équilibres fragiles de la majorité présidentielle.
Au-delà de l’épisode Kamerhe, cette affaire illustre une fois de plus la sensibilité du dossier rwandais dans le débat national. Dans un pays meurtri par des décennies de guerres dans l’Est, la moindre position jugée conciliante ou tranchante vis-à-vis de Kigali peut transformer un allié en adversaire politique.
Pour Vital Kamerhe, l’heure de vérité approche. Ses regrets publics suffiront-ils à apaiser une Assemblée au bord de l’implosion ? Ou bien assistera-t-on, une fois de plus, à la chute d’un homme dont la carrière politique semble éternellement suspendue aux tensions entre Kinshasa et Kigali ? Le destin du « Pacificateur » se joue désormais dans les couloirs du Parlement, là où se décide l’équilibre fragile du pouvoir congolais.
Alfred Ngongo









