Dans une atmosphère de tension et de défiance, Crispin Mbindule et son groupe de députés frondeurs ont franchi un pas décisif lundi 15 septembre. En effet, ils ont fait recours à un huissier de justice pour déposer, coûte que coûte, leur pétition réclamant la destitution de Vital Kamerhe, président de l’Assemblée nationale, et de quatre autres membres de son Bureau.
Le geste, rare et lourd de symboles, illustre la détermination des signataires à contourner tous les obstacles administratifs pour faire entendre leur voix. Le Service des courriers du Parlement étant fermé, les pétitionnaires ont brandi ce recours judiciaire comme un acte de défi, affirmant qu’aucune manœuvre ne pourra étouffer leur initiative.
« Vital Kamerhe doit partir. Le pardon qu’il a demandé est la preuve qu’il a fauté. Nous ne sommes pas dupes », a martelé Crispin Mbindule devant la presse, le ton tranchant et le regard fermé. Pour lui, le geste de Kamerhe lors de son discours d’ouverture de la session de septembre où il a présenté ses excuses aux députés mécontents ne constitue pas un signe d’humilité, mais plutôt un aveu implicite de culpabilité.
Quelques heures plus tôt, Kamerhe avait en effet tenté de calmer la fronde en exhortant les contestataires à « reconsidérer leur démarche à la lumière des progrès réalisés et du contexte particulier que traverse le pays ». Mais ses paroles semblent avoir jeté de l’huile sur le feu.
Les députés pétitionnaires dénoncent ce qu’ils qualifient de « gestion opaque, arrogante et dispendieuse » de l’Assemblée nationale. Ils accusent le Bureau Kamerhe de détourner l’institution de sa mission première, d’étouffer les initiatives parlementaires gênantes et de plier devant des calculs politiciens.
« Nous ne sommes pas des figurants dans cette République. Nous représentons le peuple et nous n’accepterons plus que ses institutions soient confisquées par un groupe d’hommes qui pensent que tout leur est permis », a renchéri un autre signataire, visiblement excédé.
La colère des frondeurs semble désormais irréversible. Le recours à l’huissier, inédit dans ce contexte, envoie un signal clair. Ils sont prêts à affronter non seulement la machine administrative de l’Assemblée, mais aussi l’autorité même de Vital Kamerhe, figure politique aguerrie et stratège réputé.
Reste à savoir si cette pétition atteindra le seuil constitutionnel pour enclencher la procédure de destitution. Quoi qu’il en soit, l’acte posé ce lundi a ouvert un nouveau front politique au cœur de l’hémicycle, et l’avenir immédiat du Bureau Kamerhe paraît désormais suspendu à une véritable épreuve de force.
Patient Mukuna









