La prison centrale de Kasapa, à Lubumbashi, se trouve au bord d’une catastrophe sanitaire. Au cours du briefing spécial de ce mercredi 17 septembre, le ministre de la Justice, Guillaume Ngefa, a lancé un cri d’alarme en dévoilant des chiffres effrayants. Sur les 2 600 détenus que compte cet établissement carcéral, pas moins de 800 sont déjà atteints de tuberculose, tandis que 1 800 autres reçoivent actuellement un traitement préventif.
« Nos compatriotes détenus ne doivent pas être considérés comme des personnes envoyées au mouroir », a martelé le ministre, le visage grave, appelant à un programme d’urgence immédiat. Ses mots résonnent comme un aveu glaçant sur l’état de délabrement du système carcéral congolais, où surpopulation, malnutrition et absence de soins transforment chaque cellule en terrain fertile pour les épidémies.
Le cas de Kasapa n’est pas isolé, mais il incarne avec brutalité la faillite d’un système pénitentiaire en crise chronique. Avec un taux de prévalence aussi élevé, la tuberculose, maladie contagieuse et potentiellement mortelle, se propage à une vitesse vertigineuse entre les murs surpeuplés. Les prisonniers, déjà affaiblis par des conditions de détention inhumaines, deviennent des victimes silencieuses d’un drame que beaucoup préfèrent ignorer.
« On ne peut pas fermer les yeux, car derrière chaque chiffre, il y a une vie humaine, un compatriote qui mérite dignité et traitement », a insisté Guillaume Ngefa, appelant à une réaction concertée des autorités sanitaires, de la société civile et des partenaires internationaux.
Un appel qui ne doit pas rester lettre morte
Au-delà de la prison de Kasapa, le cri d’alarme du ministre met en lumière un enjeu national, la santé en milieu carcéral. Dans un pays où les prisons sont déjà synonymes de souffrance, la tuberculose ajoute une dimension macabre, menaçant non seulement les détenus mais aussi le personnel pénitentiaire et, par ricochet, les communautés environnantes.
Le ministre de la Justice appelle ainsi à une mobilisation urgente. « La République a le devoir de protéger tous ses citoyens, y compris ceux privés de liberté. La prison ne doit pas être une condamnation à mort par négligence ».
L’heure est donc à l’action. Si rien n’est fait, Kasapa pourrait devenir le symbole d’une tragédie sanitaire annoncée, une honte nationale gravée dans la mémoire collective.
Ben AKILI









