La Haute Cour militaire a annoncé qu’elle rendrait sa décision « dans le délai légal » au terme du procès historique de l’ancien président Joseph Kabila, désormais en délibéré. Cette annonce intervient à l’issue d’une audience mouvementée, marquée par de nouveaux développements de la partie civile et des avocats de la République.
Initialement, la réouverture des débats avait été décidée pour permettre la comparution de trois témoins-clés. Mais ce vendredi, les avocats de la République ont surpris en renonçant à leur audition, invoquant « des contraintes sécuritaires majeures » qui auraient rendu impossible leur comparution. Ce retrait, perçu par certains observateurs comme un aveu de fragilité, n’a cependant pas atténué la fermeté des réquisitions.
Dans un revirement stratégique, les avocats de la République ont plaidé pour l’exclusion de la peine capitale. Ils estiment qu’une condamnation à perpétuité, assortie d’une sanction financière lourde, traduirait mieux la gravité des faits reprochés à l’ancien chef de l’État. À ce titre, ils ont demandé à la Cour de revoir à la hausse les dommages et intérêts, les chiffrant à 30 milliards de dollars américains, un montant astronomique censé symboliser l’ampleur des préjudices subis par la République.
La controverse juridique se cristallise autour de la nature de l’infraction. Les avocats de la République insistent pour que l’accusation de trahison soit requalifiée en espionnage, une infraction qu’ils jugent plus appropriée au regard du dossier. Leur argument central : la question sensible de la nationalité rwandaise de Joseph Kabila. Pour étayer leur thèse, ils ont cité une série de déclarations publiques d’acteurs politiques majeurs tels que Moïse Katumbi, Vital Kamerhe, Ngoy Mukena, Willy Mishiki et Jean-Pierre Bemba Gombo, ainsi que les écrits polémiques de l’ancien conseiller spécial Honoré Ngbanda.
Un procès aux lourdes implications politiques
Le représentant de l’Auditeur général des FARDC a, de son côté, réitéré son réquisitoire sans concession, campant sur la gravité des charges. Désormais, il revient à la Haute Cour militaire de trancher dans un procès qui, bien au-delà du prétoire, divise la scène politique congolaise et suscite de vives passions dans l’opinion.
La décision, attendue dans les prochains jours, pourrait redessiner les contours du débat politique en République démocratique du Congo.
Patient Mukuna









