La nouvelle est tombée comme un couperet. Ngoma Mbaki Léonard, directeur général de la Régie des Voies aériennes (RVA), a été suspendu de ses fonctions ce vendredi 19 septembre par décision de la ministre du Portefeuille. L’annonce, lue sur les antennes de la RTNC, fait suite à l’incident survenu le week-end dernier à l’aéroport international de N’Djili avec une coupure brutale d’électricité ayant retardé l’atterrissage de l’avion présidentiel et semé une pagaille inédite dans le trafic aérien.
Cette suspension apparaît comme l’aboutissement logique d’une série de critiques persistantes visant la gestion de M. Ngoma, jugée calamiteuse par de nombreux observateurs. Depuis plusieurs mois, les voix ne cessaient de s’élever contre l’opacité et le manque de rigueur dans la gouvernance de la RVA, une entreprise pourtant stratégique pour la sécurité aérienne du pays.
Le black-out de N’Djili, principal hub aérien de la République Démocratique du Congo, a choqué l’opinion nationale. Au-delà du désagrément causé aux passagers et des retards accumulés, c’est la sécurité du Chef de l’État elle-même qui a été compromise.
« Un aéroport international qui plonge dans l’obscurité totale au moment où l’avion présidentiel s’apprête à atterrir, c’est une humiliation nationale », s’indigne un analyste du secteur.
Pour beaucoup, cet incident n’est que la face visible d’un iceberg de dysfonctionnements accumulés depuis plusieurs années. Infrastructures vieillissantes, absence de maintenance régulière, opacité dans l’utilisation des fonds, et surtout une incapacité criante à anticiper et gérer les urgences.
Le nom de Ngoma Mbaki est depuis longtemps associé à des accusations d’incompétence. Sous sa direction, la RVA s’est enlisée dans des scandales liés au détournement présumé de redevances aéroportuaires, à l’improvisation dans les investissements et à la marginalisation des cadres compétents au profit d’une gestion politisée. Plusieurs syndicats internes avaient à maintes reprises tiré la sonnette d’alarme, dénonçant une gouvernance chaotique et des décisions « improvisées et hasardeuses ».
« Sa suspension était attendue. La goutte d’eau qui a fait déborder le vase, c’est le fiasco de N’Djili. Mais en réalité, cela fait longtemps que la RVA naviguait à vue sous sa direction », confie un ancien cadre de l’aviation civile.
La suspension du DG ouvre une nouvelle page pour la RVA, mais aussi une série de questions pressantes : qui assurera l’intérim ? Quelle réforme structurelle pour éviter que pareille situation ne se reproduise ? L’opinion attend surtout des mesures fortes pour restaurer la crédibilité d’une régie considérée comme le cœur battant de l’aviation congolaise.
Dans un secteur où la moindre défaillance peut se transformer en tragédie, le limogeage de Ngoma Mbaki apparaît comme un signal politique fort : le temps de l’impunité et de la complaisance semble révolu. Mais encore faudra-t-il que cette sanction serve de tremplin à une véritable réforme de la RVA, et non à une simple redistribution de postes entre clans politiques.
Maxime Mbumba









