Les chiffres du deuxième trimestre 2025 du Fonds national de réparation des victimes des violences sexuelles liées aux conflits (FONAREV) révèlent une vérité choquante. Près de 15 millions de dollars américains ont été transférés à la fondation Nyakeru devenue Lona, structure privée de la Première Dame.
Ce détournement présumé de la vocation initiale du FONAREV soulève une onde d’indignation dans l’opinion publique. Alors que ce fonds a été créé pour redonner dignité et espoir aux milliers de victimes de violences sexuelles et crimes de guerre, il semble aujourd’hui servir à alimenter une fondation familiale, loin des souffrances pour lesquelles il a été conçu.
Une gifle aux victimes
Dans l’Est du pays, des survivantes de viol attendent toujours des soins médicaux, un accompagnement psychologique, une réinsertion sociale. Certaines meurent dans le silence, abandonnées à leur sort. Pendant ce temps, des millions disparaissent dans des circuits opaques.
« C’est une gifle infligée aux victimes », dénonce un défenseur des droits humains. « Comment comprendre que l’argent destiné aux rescapées serve plutôt à renforcer l’image politique d’une fondation privée ? »
Avec ce scandale, le FONAREV, présenté à sa création comme un mécanisme innovant de justice réparatrice, voit sa crédibilité s’effondrer. Des ONG nationales et internationales s’interrogent déjà sur qui contrôle réellement les flux financiers de ce fonds ? Quelles sont les garanties de transparence ?
Jusqu’à présent, aucune réaction officielle n’a été donnée ni du côté du gouvernement, ni du côté de la présidence. Ce silence nourrit la colère et alimente le sentiment que l’impunité demeure la règle en RDC, surtout lorsque les intérêts de la haute sphère du pouvoir sont en jeu.

Un appel à la rupture
Les Congolais attendent que la justice et le Parlement s’emparent de cette affaire. Car chaque dollar détourné est une vie brisée qui ne sera pas réparée, une dignité bafouée qui ne sera pas restaurée.
Le scandale du FONAREV met à nu un système où les plus vulnérables sont encore une fois sacrifiés sur l’autel du clientélisme politique. Et tant que cette logique perdure, les victimes continueront d’être oubliées, réduites à de simples statistiques, tandis que d’autres s’enrichissent sur leur dos.
Emmanuel Kamba









