Une véritable bombe sociale et sanitaire secoue le territoire de Malemba-Nkulu. L’Institut de recherche en droits humains (IRDH) dénonce la carence criante en eau potable qui plonge Malemba-Centre et les villages environnants à savoir : Katondo, Manga, Songwe, groupement Kabwe, chefferie de Mulongo dans une détresse indescriptible. Au banc des accusés, la société minière Mining Mineral Resources (MMR), filiale du groupe indien Vinmart, accusée d’avoir foulé aux pieds ses obligations légales, sociales et environnementales.
Selon l’IRDH, MMR n’a jamais versé la dotation minière obligatoire de 0,3 % de son chiffre d’affaires annuel (prévue à l’article 258 bis du Code minier), privant ainsi les communautés locales de fonds destinés à sécuriser l’accès à l’eau potable et à réparer les dégâts écologiques provoqués par ses activités.
« C’est un crime social et environnemental », tonne l’ONG, rappelant que la Cour des comptes avait déjà pointé du doigt ce manquement dans son audit de juin 2025.
La situation a déjà viré au drame. Le 6 février 2025, dix personnes sont mortes après avoir consommé de l’eau et des poissons contaminés par des rejets acides de la société dans la rivière Kalubwe. La disparition des poissons « Vodo », ressource alimentaire et économique vitale, a aggravé la crise.
Face à l’indignation, MMR s’est retranchée derrière un prétendu « arrangement à l’amiable » signé en mars 2025 avec des chefs coutumiers, promettant des compensations et la réhabilitation des rivières. L’IRDH dénonce un marché de dupes.
« La vie humaine n’est pas négociable! La Constitution garantit le caractère sacré de la vie (art. 16 et 61) et le droit à un environnement sain (art. 53). Ces droits ne peuvent être troqués contre des promesses creuses », martèle l’organisation.
Pourtant, le Code minier est clair :
- 25 % des redevances minières doivent revenir à la province du Haut-Lomami,
- 15 % aux entités territoriales décentralisées concernées,
- 0,3 % du chiffre d’affaires annuel aux villages impactés,
- et des fonds supplémentaires via un cahier des charges signé avec les communautés.
Mais MMR, selon l’IRDH, n’a respecté aucune de ces obligations. Résultat, des populations assoiffées, des rivières polluées, des familles endeuillées et une région laissée pour compte au profit d’une exploitation minière illégale et prédatrice.
Aîsi devant ce scandale, l’IRDH interpelle le gouvernement congolais et particulièrement le ministre d’État en charge de la Justice.
« Il est temps de contraindre MMR à rendre des comptes, à respecter ses engagements financiers, sociaux et environnementaux. L’accès à l’eau potable ne peut plus attendre », insiste l’ONG.
Parmi ses recommandations phares, l’onnote :
- la fourniture immédiate d’eau potable aux populations affectées,
- le paiement effectif des redevances et dotations prévues par la loi,
- la réparation équitable des préjudices humains et environnementaux,
- et la reprise d’une médiation encadrée par un Observatoire indépendant, pour garantir transparence et justice.
Pour l’IRDH, cette affaire est un test grandeur nature de la crédibilité du gouvernement en matière de droits humains et de gouvernance minière.
« On ne peut pas continuer à saigner les communautés locales pour enrichir les multinationales. L’eau, c’est la vie, pas un luxe », conclut l’ONG.
À Malemba-Nkulu, la soif et la douleur des familles endeuillées attendent encore une réponse digne d’un État de droit.
Patient Mukuna









