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Spoliations foncières à Kolwezi : la société civile dénonce des destructions de maisons passées sous silence de l’État

Depuis plusieurs jours, les communautés de Kamikungwa, bloc Saint Joseph et Golf ISTM subissent une vague d’expulsions forcées et de démolitions de maisons, orchestrées par le gouvernement provincial du Lualaba en complicité avec la Régie des Voies Aériennes (RVA).

Ces familles, qui avaient acquis leurs terres en toute légalité entre 2012 et 2014, se retrouvent aujourd’hui sans toit, sans indemnisation et sans base légale pour justifier leur expropriation. Une violation flagrante de l’article 34 de la Constitution, qui garantit la propriété privée, ainsi que des dispositions de la loi foncière congolaise.

Selon Luc Lukusa, directeur programme de l’IPDHOR, au moins 17 maisons ont été rasées, plongeant des dizaines de familles dans la désolation. Plus grave encore, des violences physiques ont été signalées, dont l’agression d’une femme enceinte et handicapée, rouée de coups par des éléments de sécurité, ayant entraîné la perte de son enfant.

Les terres ainsi confisquées seraient, selon plusieurs sources locales, réattribuées à une élite politico-militaire, révélant la mainmise d’intérêts privés sur le patrimoine des citoyens.

La présence et l’implication de la Garde républicaine, force normalement dédiée à la protection du Chef de l’État, dans ce conflit foncier, illustrent la militarisation abusive d’un dossier civil. Une dérive dangereuse qui transforme des citoyens en ennemis à abattre sur leur propre sol.

Face à cette injustice, les organisations de défense des droits humains IPDHOR, JUSTICIA et LUCHA haussent le ton. Elles exigent la suspension immédiate des démolitions ; l’abrogation de l’arrêté provincial N°2022/Gouv/P.LBA/044 ; des indemnisations équitables pour toutes les victimes ; et le recours urgent aux mécanismes internationaux de protection des droits humains.

Ce qui se joue à Kolwezi dépasse un simple litige foncier. C’est un test grandeur nature du respect de l’État de droit en RDC. Laisser prospérer de telles pratiques, c’est institutionnaliser l’impunité, normaliser la violence et consacrer la loi du plus fort.

Alfred Ngongo

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