La voix de la jeunesse congolaise résonne de plus en plus fort dans les débats sur l’avenir du pays. Réunis vendredi à Kinshasa, les membres de la coalition « Jeunesse, paix et sécurité » (JPS) ont lancé un appel pressant : la participation active des jeunes au processus de justice transitionnelle est non seulement nécessaire, mais incontournable pour reconstruire une société réconciliée et garantir une paix durable.
« La jeunesse congolaise doit s’approprier du processus de justice transitionnelle. Il ne s’agit pas d’être là pour faire de la figuration, mais d’influencer les décisions, de défendre les droits des victimes et de contribuer à la construction d’une société réconciliée », a martelé Lydie Mungala, co-présidente nationale de la coalition JPS, dans une salle où se mêlaient détermination et espoir.
La République démocratique du Congo porte encore les cicatrices de décennies de violences, de conflits armés et d’injustices restées impunies. Pour de nombreux intervenants, laisser la jeunesse à la marge de ce processus reviendrait à hypothéquer l’avenir. Avec plus de 60 % de la population composée de jeunes, leur implication n’est pas un choix, mais une condition de survie nationale.
Les participants ont insisté sur le fait que la justice transitionnelle ne doit pas être perçue comme une affaire de juristes, d’ONG ou de décideurs politiques isolés, mais comme une démarche collective où chaque jeune peut jouer un rôle : sensibiliser, documenter les abus, témoigner, porter la voix des victimes ou encore proposer des réformes.
De la mémoire à la réconciliation
La coalition JPS a souligné que l’appropriation du processus par la jeunesse passe par la préservation de la mémoire collective. « Sans mémoire, il n’y a pas de justice. Sans justice, il n’y a pas de réconciliation », a lancé un autre intervenant. Les jeunes sont appelés à refuser l’amnésie imposée, à se dresser contre l’oubli et à porter les récits des victimes jusqu’au cœur des instances de décision.
Au-delà de l’aspect symbolique, les jeunes veulent transformer leur indignation en une force de proposition. Ils exigent que les mécanismes de justice transitionnelle prennent en compte leurs aspirations, leurs rêves et leurs revendications, pour qu’aucune génération ne soit condamnée à revivre les mêmes traumatismes.
L’appel lancé à Kinshasa résonne comme une promesse et un défi : que la jeunesse congolaise ne soit pas spectatrice, mais actrice de son destin, en construisant un avenir où la paix n’est pas un simple mot, mais une réalité vécue par tous.
Grâce Mukoj









