Quelques heures après le verdict rendu dans le procès intenté contre l’ancien président de la République, Joseph Kabila Kabange, le parti Front pour la Souveraineté Populaire (FSP) monte au créneau et fustige une « parodie de justice » dictée par des calculs politiques.
Dans une déclaration signée par son président John Omomba, le FSP affirme que le procès en cours n’a rien d’un acte judiciaire mais tout d’une « vaste opération de règlement de comptes téléguidée depuis les hautes sphères du pouvoir actuel ». Pour le parti, les accusations portées contre l’ancien chef de l’État « intelligence avec une puissance étrangère », « haute trahison » et « complicité avec le M23 » ne reposent sur aucune preuve tangible.
« Aucune preuve irréfutable n’a été produite, aucun témoin décisif n’a été entendu », insiste le communiqué, dénonçant un procès « bâti sur le sable mouvant des calculs politiques ». Selon le FSP, les réquisitions successives allant de la peine de mort à la perpétuité relèvent moins d’une recherche de vérité que d’une logique « d’extermination politique ».
Pour John Omomba, cette instrumentalisation de la justice militaire constitue une menace directe contre la démocratie congolaise.
« Au-delà du cas Kabila, c’est l’État de droit qui se retrouve humilié. Une justice transformée en bras armé du régime ne sert ni la paix, ni la réconciliation, ni la souveraineté nationale », poursuit le communiqué.
Le parti met en garde contre les conséquences explosives d’un tel verdict. Selon lui, l’acharnement judiciaire contre Joseph Kabila risque de creuser davantage les fractures, de radicaliser les antagonismes et de fragiliser une République déjà minée par l’insécurité et la misère sociale.
« Joseph Kabila incarne une part importante de l’histoire récente de la RDC. L’écraser au nom d’une vendetta politique, c’est jeter de l’huile sur le feu d’un pays déjà divisé », souligne le texte, avant d’ajouter que « notre démocratie est en danger.
Face à ce qu’il qualifie de « faillite morale et politique », le FSP appelle le pouvoir en place à préserver les acquis de la paix et de la cohésion nationale dans le strict respect de la justice et de l’histoire politique congolaise.
Le parti conclut par une mise en garde lourde de sens : « Ce procès marquera non pas une victoire de la justice, mais une tragédie politique dont l’histoire, tôt ou tard, rendra son propre verdict.»
Emmanuel Kamba









