Un climat de tension a marqué l’examen de la prorogation de l’état de siège à l’Assemblée nationale, où un incident majeur a provoqué l’indignation d’un député de l’opposition. Celui-ci accuse le Premier Vice-Président de l’Assemblée nationale, Jean-Claude Tshilumbayi, d’avoir « abattu l’opposition parlementaire » par une conduite qu’il qualifie d’« arbitraire, partiale et dangereuse pour la démocratie ».
Selon le député, le président de séance aurait interrompu sa motion incidente préalable – pourtant déposée dans le respect du règlement intérieur – au moment où il sollicitait plusieurs actions : que le Gouvernement réponde aux initiatives parlementaires, que le Bureau autorise le déploiement d’une commission d’enquête, que les ministres concernés soient auditionnés et que les droits des citoyens dans les zones sous état de siège soient garantis.
Au lieu de laisser la plénière exercer son pouvoir souverain, le président de séance aurait déplacé la motion dans le débat principal, puis se serait arrogé le droit d’y répondre lui-même. Un geste qualifié par le député d’« atteinte grave à la liberté d’expression garantie par les articles 81, 82 et 83 du Règlement intérieur » qui donnent priorité aux motions incidentes.
« En vidant cette motion de toute sa substance, la présidence de séance a non seulement privé un élu de son droit de parole, mais elle a surtout porté un coup à la neutralité de l’institution et au rôle de contrôle de l’Assemblée. Ce genre d’agissement crée un précédent dangereux où un député peut être réduit au silence de manière arbitraire », a-t-il dénoncé.
La gravité de l’incident est d’autant plus soulignée que le pays traverse une période marquée par les massacres, l’insécurité et l’inaction institutionnelle. « Bloquer la voix d’un élu revient à museler le peuple qu’il représente », s’indigne le parlementaire, dénonçant une tentative d’étouffer les critiques légitimes contre la gestion de l’état de siège.
Pire encore, le député affirme avoir subi une attaque personnelle de la part du président de séance, en violation de l’article 79 du Règlement intérieur qui impose à la présidence un strict devoir de neutralité.
« L’Assemblée nationale doit demeurer un rempart contre l’arbitraire et non l’instrument de sa banalisation », martèle-t-il, rappelant que sa motion avait été déposée 30 minutes avant le débat, comme l’exige le règlement.
Face à ce qu’il considère comme une « dérive institutionnelle », le député annonce qu’il portera l’affaire devant le Comité des sages, conformément à l’article 65 du Règlement intérieur, afin que la plénière retrouve sa souveraineté et que soit restaurée la crédibilité de l’Assemblée.
Cet incident relance le débat sur le respect des règles parlementaires et la place de l’opposition au sein de l’hémicycle. Il met en lumière une question fondamentale : l’Assemblée nationale demeure-t-elle un espace de débat libre et contradictoire, ou glisse-t-elle vers une institution où la voix des élus est filtrée selon la convenance de la présidence ?
Maxime Mbumba









