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Lubumbashi : Sempya dénonce la rétrogradation de Patrick Kafwimbi et alerte sur un risque de conflit

L’Association socioculturelle Sempya est montée au créneau pour dénoncer avec une rare vigueur la décision de la Vice-Primature de l’Intérieur rétrogradant Patrick Kafwimbi, maire intérimaire de la ville de Lubumbashi, au rang de maire adjoint, au profit de Joyce Tunda Kazadi, décrite comme “non originaire” par les membres de l’association.

Pour Michel Kalwa, président national de Sempya, cette décision constitue “une humiliation institutionnalisée” et un affront direct à la dignité de la communauté autochtone que représente M. Kafwimbi.

“C’est une gifle à toute une communauté, un acte de mépris contre nos droits citoyens et notre légitimité historique sur cette terre”, s’est indigné M. Kalwa dans une déclaration rendue publique à Lubumbashi.

Un acte d’exclusion et de provocation

Dans son communiqué, l’association ne mâche pas ses mots. Elle accuse la Vice-Primature de l’Intérieur et de la Décentralisation d’avoir agi dans un esprit d’exclusion, au détriment des communautés locales.

“Depuis le début du présent mandat, plusieurs décisions administratives ont systématiquement écarté les autochtones des postes stratégiques”, déplore Sempya, citant plusieurs cas similaires dans d’autres entités territoriales du Katanga.

Les membres de l’association affirment que la rétrogradation de Patrick Kafwimbi ne repose sur aucune justification administrative valable, mais qu’elle répond plutôt à des considérations politiques et ethniques. “On veut effacer le visage des fils du terroir dans leur propre maison”, s’indigne un notable Okotanguez cité par le communiqué.

Face à ce qu’elle qualifie de “dérive institutionnelle”, l’Association Sempya appelle directement le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, à annuler cette décision jugée “illégale et dangereuse pour la cohésion sociale”.

“Excellence Monsieur le Président, nous en appelons à votre autorité morale et constitutionnelle. Cette décision viole l’équilibre ethnique et territorial, pilier essentiel de la paix et du vivre-ensemble. Si rien n’est fait, le risque d’un conflit communautaire ne peut être écarté”, avertit le communiqué.

L’association va plus loin, elle demande à Patrick Kafwimbi de refuser d’assumer le poste imposé et de démissionner publiquement s’il n’est pas rétabli dans ses fonctions initiales.

L’hospitalité n’est pas une faiblesse

Dans un passage particulièrement fort, la déclaration de Sempya rappelle que la patience du peuple Okotanguez ne doit pas être interprétée comme un signe de résignation.

“L’hospitalité du peuple Okotanguez n’est pas une faiblesse. Il n’existe pas de petit peuple chez lui, ni de grand peuple chez autrui”, souligne le texte, réaffirmant la volonté de la communauté de défendre sa dignité sans violence, mais avec fermeté.

Cette polémique intervient dans un contexte sociopolitique déjà tendu à Lubumbashi, où les questions d’appartenance ethnique et de représentation locale suscitent depuis plusieurs années des frictions récurrentes entre communautés.

Plusieurs observateurs estiment que cette nouvelle crise pourrait raviver les tensions identitaires si aucune réponse politique claire n’est apportée. “Le sentiment d’exclusion est un carburant social dangereux. Il appartient au gouvernement central de calmer le jeu”, analyse un politologue local interrogé par nos soins.

Jusqu’à présent, la Vice-Primature de l’Intérieur n’a publié aucune explication officielle sur les motivations exactes de cette décision. Le silence des autorités alimente les spéculations et renforce l’indignation au sein des communautés autochtones. Pour l’heure, Sympya maintient sa position : “Nous ne reculerons pas tant que justice ne sera pas rendue.

Emmanuel Kamba

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