C’est un véritable cri du cœur que pousse le journaliste congolais Edmond Izuba, excédé par le spectacle désolant qu’offre l’aéroport international de N’Djili, principal point d’entrée de la République démocratique du Congo. Sur un ton de colère mêlé de désespoir, il dénonce une réalité que vivent au quotidien des milliers de passagers d’un aéroport national symbole d’abandon, de corruption et d’humiliation.
« L’aéroport international de N’Djili n’est pas présentable et n’offre aucun service de qualité ! Je suis à chaque fois couvert de honte », écrit-il avec amertume.
À son retour au pays, après un séjour à l’étranger, Edmond Izuba dit constater le même scénario indigne : des infrastructures délabrées, des services défaillants, et des agents de l’État transformés en mendiants institutionnels. Les services censés assurer le bon fonctionnement de l’aéroport RVA, OCC, DGM, Santé, etc… sont pointés du doigt. Tous, dit-il, participent à cette « mascarade nationale » où les tracasseries et la corruption semblent érigées en système.
« Au-delà des frais exorbitants que l’on paie à l’État, la mendicité et les tracasseries ont élu domicile chez les agents publics », fulmine le journaliste, qui n’en revient pas de voir un tel contraste entre les taxes perçues et la qualité des prestations offertes.

Un aéroport indigne du pays et de son image
Le constat est amer, l’aéroport international de N’Djili fait honte à la RDC. Les tapis roulants usés, les sanitaires défectueux, l’absence de signalétique claire et le comportement peu professionnel de certains agents ternissent gravement l’image du pays. À cela s’ajoute un symbole jugé déplacé. Le portrait du chef de l’État trônant au milieu d’un tapis roulant à bagages sale et vétuste.
« Au lieu de réparer les choses, on ajoute des taxes et on insère l’image du chef de l’État sur un tapis roulant crasseux. Quel contraste ! », s’indigne encore Izuba.
Ce coup de gueule va bien au-delà de la simple frustration personnelle. Il traduit l’exaspération d’une génération qui rêve d’un Congo digne et moderne, mais se heurte à une réalité où l’incompétence et la complaisance ont remplacé le sens du service public.
Edmond Izuba interpelle directement le pouvoir en place, et plus particulièrement le président Félix Tshisekedi et son entourage, souvent composé, selon lui, de « bana poto », ces collaborateurs ayant grandi ou vécu en Europe.
« Comment, avec tous ces bana poto autour du chef de l’État, l’aéroport international de N’Djili peut-il encore ressembler à ça ? », s’interroge-t-il.
Un symbole à reconstruire
Pour de nombreux Congolais, l’aéroport international de N’Djili devrait être la vitrine du pays, un lieu qui reflète son hospitalité et son ambition. Mais pour l’instant, il reste le symbole d’un État défaillant, d’une administration corrompue et d’une fierté nationale piétinée.
Ce cri d’indignation d’un journaliste congolais sonne comme un appel à la conscience collective. Celle d’un peuple qui refuse désormais de se taire face à la médiocrité. Et si l’aéroport international de N’Djili changeait enfin de visage, pour que le premier regard posé sur la RDC ne soit plus celui de la honte, mais de la dignité retrouvée ?
Maxime Mbumba









