C’est une voix maternelle, mais ferme et déterminée, qui s’est élevée ce jeudi 13 novembre au Palais de Justice de Kinshasa. La Première Dame de la République démocratique du Congo, Denise Nyakeru Tshisekedi, s’est entretenue avec le ministre d’État en charge de la Justice, Guillaume Ngefa, pour aborder un sujet sensible mais crucial les conditions de détention des femmes et des enfants dans les prisons congolaises.
Au cœur de cette rencontre, un plaidoyer vibrant et profondément humain. La Première Dame est venue défendre la cause des femmes victimes de viols lors de la tentative d’évasion à la prison centrale de Makala, dans la nuit du 1er au 2 septembre 2024. Ces femmes, déjà privées de liberté, ont subi l’indicible dans un lieu censé garantir leur sécurité. Pour Denise Nyakeru, il est impensable qu’elles continuent à purger leur peine sans assistance ni reconnaissance de leur double souffrance.
« La distinguée Première Dame est venue plaider la cause des femmes victimes de viols à Makala. Elle souhaite qu’elles bénéficient de mesures de libération provisoire, car les maintenir en détention après de tels sévices serait une double peine », a déclaré Cédric Kitukila, directeur de cabinet adjoint de la Première Dame.
Cette démarche s’inscrit dans la continuité de son engagement pour la dignité des femmes congolaises. Déjà, en mai 2025, Mme Tshisekedi avait reçu une délégation du Parlement européen, venue solliciter son implication sur ce dossier. L’entretien de ce jeudi marque une nouvelle étape, celle d’une action concertée avec le ministère de la Justice pour transformer le plaidoyer en mesures concrètes.
Mais le combat de Denise Nyakeru ne s’arrête pas à Makala. La Première Dame s’attaque à un problème structurel qui touche l’ensemble du système pénitentiaire congolais. Elle plaide notamment pour la délocalisation des lieux de détention des femmes, afin de mettre fin à la promiscuité et à la vulnérabilité auxquelles elles sont constamment exposées.
« C’est un plaidoyer qui concerne toutes les prisons du pays. Makala n’est que le reflet d’une réalité plus large », a précisé M. Kitukila.

Dans un pays où les prisons manquent cruellement d’infrastructures adaptées, cette prise de position sonne comme un appel à la conscience nationale. La Première Dame ne parle pas seulement au nom des femmes incarcérées, mais au nom de la dignité humaine, de la justice et du respect des droits fondamentaux.
Son engagement, loin d’être symbolique, porte la promesse d’un changement profond dans la manière dont la société perçoit et traite les détenues. À travers ce combat, Denise Nyakeru Tshisekedi rappelle que la justice ne peut être complète si elle oublie l’humanité.
Grâce Mukoj









