Lors de la 67ᵉ réunion du Conseil des ministres tenue vendredi à la Cité de l’Union africaine, le Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, a tiré une nouvelle sonnette d’alarme face à la dégradation accélérée du cadre de vie dans la ville de Kinshasa. Le chef de l’État, visiblement exaspéré par l’ampleur du phénomène, a exhorté le gouvernement et les autorités locales à renforcer de toute urgence les mesures de lutte contre l’insalubrité, qualifiant la situation d’« alarmante » et « profondément catastrophique ».
Selon le compte-rendu lu sur la chaîne nationale par le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, le Président a regretté que ses précédentes directives n’aient pas été suivies d’effets concrets, au point de devoir une fois de plus revenir sur la question.
« Pour une énième fois, il s’est vu dans l’obligation de revenir tant que la situation actuelle demeure non seulement préoccupante, mais atteint désormais un niveau profondément alarmant », a souligné le ministre.
Les constats dressés sont sévères : amas d’immondices qui s’accumulent dans les avenues, marchés devenus de véritables décharges à ciel ouvert, caniveaux obstrués facilitant les inondations, sans oublier l’invasion quasi incontrôlée de déchets plastiques dans les cours d’eau de la capitale. Des scènes qui, selon le Président, traduisent un « manque criant de suivi et de rigueur » dans la gestion de la salubrité publique.
Face à cette situation, Félix Tshisekedi a exprimé sa ferme détermination à faire de la lutte contre l’insalubrité une priorité nationale. Le chef de l’État a appelé à une mobilisation générale, exigeant des institutions concernées un plan d’action clair, rapide et coordonné. Il a également insisté sur la nécessité de responsabiliser davantage les services chargés de l’assainissement tout en renforçant les mécanismes de contrôle, les sanctions et le suivi quotidien des opérations de nettoyage.
Pour le Président, il ne s’agit plus seulement de préserver l’image de la capitale, mais de protéger la santé publique, l’environnement et la dignité de millions de Kinois. Une bataille qu’il entend mener avec détermination et qui, selon lui, nécessite l’implication de tous gouvernement, ville-province, services spécialisés, mais aussi citoyens.
En remettant ce dossier au centre des priorités gouvernementales, Félix Tshisekedi veut impulser un sursaut national afin de sortir Kinshasa du gouffre de l’insalubrité. Une urgence que plus personne ne peut ignorer, tant les dégâts écologiques, sanitaires et urbanistiques deviennent visibles, voire irréversibles.
Maxime Mbumba









