La province du Lualaba est de nouveau frappée par un drame minier d’une rare violence. Ce samedi matin, un éboulement soudain survenu dans la carrière de Mulondo, dans le quartier Kawama à Kolwezi, a coûté la vie à plusieurs creuseurs artisanaux. Les premiers témoignages, glaçants, évoquent une scène de chaos total, des cris étouffés sous les amas de terre et des survivants impuissants face à la rapidité de l’effondrement.
Selon les creuseurs présents au moment des faits, le sol s’est affaissé « comme une vague qui engloutit tout ». En quelques secondes, des galeries étroites se sont effondrées, piégeant de nombreux jeunes hommes venus chercher leur survie quotidienne dans les entrailles du sol.
Les équipes locales de secours, rejointes par quelques riverains, ont tenté d’extraire les victimes à mains nues, faute d’équipements adéquats. Plusieurs corps ont déjà été retrouvés, mais les recherches se poursuivent dans des conditions extrêmement précaires.
Ce nouveau drame n’est pas qu’un accident. Il révèle une réalité implacable celle de la détresse d’une jeunesse livrée à elle-même, poussée à risquer sa vie dans des carrières instables pour quelques fragments de minerais. À Mulondo comme dans tant d’autres sites du Lualaba, les creuseurs travaillent sans protection, sans supervision technique, dans des zones où le danger fait partie du quotidien.
Chaque éboulement réveille les mêmes questions, les mêmes promesses, les mêmes colères. Et pourtant, les mêmes drames se répètent, implacables.
À Kawama, l’atmosphère est lourde. Les familles se rassemblent autour de la carrière, dans l’angoisse de reconnaître un proche parmi les corps extraits. « Ce n’est pas seulement la terre qui s’est effondrée aujourd’hui, c’est l’avenir de plusieurs familles », alerte un habitant joint au téléphone.
Les autorités provinciales sont attendues sur place. Les organisations de la société civile dénoncent déjà un manque de régulation, de prévention et de surveillance sur les sites artisanaux.
Dans ce coin de Kolwezi, la vie s’est figée. Mulondo vient de rejoindre la longue liste des carrières meurtries par l’exploitation artisanale incontrôlée. Un drame de plus, trop de vies arrachées, et une province entière qui s’interroge : combien de morts faudra-t-il encore pour que ces tragédies cessent ?
Et pendant que les familles pleurent leurs morts, une évidence s’impose : l’éboulement de Mulondo n’est pas seulement la faute de la terre, mais aussi celle des hommes. Là où le SAEMAPE, censé encadrer et sécuriser l’exploitation artisanale, n’a pas su ou pas voulu faire son travail, ce sont des vies entières qui se sont effondrées. À Kawama, la question n’est plus de savoir comment ils sont morts… mais pourquoi on les a laissés mourir.
Emmanuel Kamba









