Alors que le franc congolais a regagné une partie de sa valeur ces dernières semaines, l’espoir d’un souffle économique pour les familles congolaises aura été de courte durée. Plus d’un mois après la chute du dollar de 2 800 FC à 2 100 FC, les prix sur les marchés, eux, n’ont pas bougé d’un centime. Une situation incompréhensible pour la population, qui voit son quotidien devenir toujours plus insoutenable.
Dans les quartiers populaires comme dans les villes de province, un constat s’impose. Malgré un taux de change redevenu plus favorable, la vie continue de se renchérir. Les familles qui survivaient tant bien que mal avec 28 000 FC l’équivalent de 10 dollars auparavant ne s’en sortent plus. Aujourd’hui, 10 dollars convertis en francs congolais ne valent plus que 21 000 FC, une somme devenue insuffisante pour couvrir un repas décent.
Pour Alain Make Nzonga, lanceur d’alerte et initiateur du Mouvement citoyen « Éveil Patriotique », c’est un véritable scandale économique et social. Il dénonce une situation qui « frôle l’abandon des citoyens par ceux qui doivent protéger leur pouvoir d’achat » et interpelle directement le Vice-premier Ministre, Ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba.
« Monsieur le Ministre, combien de temps faudra-t-il encore attendre pour que la baisse du dollar se traduise enfin par une baisse réelle des prix ? Le peuple n’en peut plus. », déclare-t-il avec indignation.
Et les exemples concrets ne manquent pas. Lorsque le dollar était à 2 800 FC : une bouteille de Tembo coûtait 5 000 FC, la Beaufort et la Nkoyi étaient vendues 4 000 FC, la Likofi à 3 000 FC, et la Sucrée à 2 500 FC.
Un mois après la baisse du taux de change, les prix n’ont subi aucune variation, malgré une forte pression sur les ménages et une attente populaire clairement exprimée.
Ce décalage entre la chute du dollar et les prix du marché soulève une question fondamentale. Où se bloque la transmission de la baisse ? Les commerçants refusent-ils d’ajuster les tarifs ? L’État peine-t-il à imposer une régulation efficace ? Ou s’agit-il d’une inertie généralisée du système économique congolais ?
Dans un pays où la majorité vit au jour le jour, où chaque billet compte, cette stagnation des prix malgré la baisse du taux de change apparaît pour beaucoup comme une injustice économique flagrante.
Alain Make Nzonga parle même d’une « crise silencieuse », celle qui ne se mesure pas seulement dans les statistiques, mais dans les assiettes vides, les familles en détresse et les regards inquiets des parents incapables d’assurer un repas complet à leurs enfants.
L’heure est donc grave. Et la question demeure entière. Combien de temps encore le peuple devra-t-il attendre pour bénéficier des effets réels d’une appréciation du franc congolais ?
Le Vice-premier Ministre de l’Économie est désormais interpellé publiquement. Bref, la balle est dans le camp du gouvernement.
Emmanuel Kamba









