Déterminée à rompre avec l’indifférence et à redonner une dignité à des milliers d’enfants longtemps oubliés, l’Association des Enfants des Policiers de la RDC (AEPRDC) a présenté son cahier des charges au ministre provincial de la Jeunesse, Culture et Arts de Kinshasa, M. Bob Amisi. Une démarche symbolique mais surtout stratégique, portée par une vision claire, celle de replacer l’enfant issu des forces de sécurité au cœur des priorités nationales.
Selon le Coordonnateur national de l’Association, Gédéon Kyana, cette visite était attendue depuis longtemps.
« Nous devions le faire depuis. Aujourd’hui, nous avons estimé que c’était le moment idéal pour rencontrer le ministre et lui exposer un problème devenu une urgence nationale. Mais aussi d’abord lui présenter nos civilités depuis sa nomination à la tête de ce minière », a-t-il déclaré avec conviction.

Un problème social profond et longtemps ignoré
En RDC, le phénomène des enfants en situation de rue ne cesse de s’accentuer. Fait alarmant, plus de 90 % de ces enfants, selon l’Association, sont issus des familles de policiers et de militaires. Ces enfants, souvent livrés à eux-mêmes, souffrent directement de l’absence de mécanismes institutionnels d’accompagnement social pour les familles des forces de sécurité.
« Lorsque vous regardez nos forces, les FARDC comme la Police nationale, vous voyez des hommes et des femmes qui servent avec courage. Mais derrière eux, il y a des familles abandonnées, des enfants qui dépendent entièrement de ces vaillants soldats et policiers. Et pourtant, aucune politique claire n’existe pour assurer leur protection et leur avenir », insiste Gédéon Kyana.
Face à ce constat accablant, l’Association est venue présenter au ministre un cahier de charges riche, profond et ambitieux, élaboré pour apporter des solutions durables. Il propose notamment : des programmes d’accompagnement psychosocial pour les enfants des policiers et militaires, la création de centres d’accueil et d’orientation, l’accès facilité à l’éducation, à la formation professionnelle et à l’emploi et un suivi structuré de la vie familiale des agents des forces de sécurité.

Pour le coordonnateur, ce cahier n’est pas un simple document administratif ; c’est un outil de combat, un appel à l’action nationale.
Un engagement déterminé pour changer les choses. Avec une détermination palpable, Gédéon Kyana a rappelé la responsabilité morale des institutions.
« Notre engagement est total. Nous sommes prêts à relever cette Association, à la rendre utile et efficace pour ces enfants. Nous comptons sur l’accompagnement du ministre Bob Amisi pour transformer ce projet en un véritable programme d’État. Les enfants des policiers et militaires ne doivent plus être condamnés à la rue », a-t-il ajouté.
Le ministre Bob Amisi, sensible à cette problématique, a salué la démarche. L’attente est désormais tournée vers un partenariat solide entre son ministère et l’Association afin de bâtir un dispositif de protection sociale durable pour ces enfants vulnérables.
Grâce Mukoj









