Le gouverneur du Maniema, Moïse Mussa Kabwankubi, a déposé lundi le Projet d’édit budgétaire 2025-2026 à l’Assemblée provinciale, marquant une étape clé dans la marche vers un nouveau cycle de gouvernance et de développement pour cette province stratégique du centre-est de la République démocratique du Congo.
Évalué à 417 milliards de francs congolais, ce projet de budget affiche une progression de 2,62 % par rapport à l’exercice en cours (406 milliards), malgré un contexte économique encore fragilisé par les faibles rétrocessions du niveau central. Une hausse modeste, mais fortement symbolique, que le gouverneur qualifie de signe d’engagement et de réalisme.
« Ce budget est équilibré en recettes comme en dépenses. Il se veut réaliste et porteur d’avenir, car il doit refléter notre capacité réelle à mobiliser des ressources et à répondre aux besoins, certes immenses, de notre population », a déclaré le gouverneur, soulignant avec fermeté que son gouvernement entend transformer chaque franc mobilisé en résultat concret sur le terrain.
Priorité aux infrastructures et aux secteurs sociaux
Dans son allocution, Moïse Mussa a insisté sur la direction prise par son équipe : faire du Maniema un chantier ouvert, où les infrastructures, l’éducation et la santé figurent en tête des priorités.
Il a notamment annoncé une mesure inédite dans l’histoire de la province : à partir de 2026, les 17 meilleurs lauréats du diplôme d’État – deux par territoire et trois pour la ville de Kindu – seront pris en charge par la province. Une initiative audacieuse visant à « préparer l’avenir et investir dans l’élite de demain ».
Cette décision, présentée comme une réforme structurante, confirme la volonté du gouvernement provincial de bâtir un Maniema plus compétitif, où l’intelligence et le mérite deviennent des piliers du développement.
Mobilisation des ressources : un chantier majeur
Malgré les ambitions, le gouverneur a reconnu des défis sérieux. Les recettes attendues du pouvoir central – notamment les 40 % de rétrocessions, les fonds de péréquation et autres allocations – n’ont pas été versées à la hauteur des attentes. Une situation qui a freiné la mise en œuvre complète du budget précédent.
Cependant, le gouverneur se veut résolument combatif : « Le niveau d’exécution de ces ressources étant faible, cela impacte fortement nos capacités. Mais pour les recettes internes, nous avons dépassé les 50 % de réalisation. C’est une preuve que nous pouvons mieux faire, et nous allons faire mieux.»
Il a également annoncé un vaste chantier de réformes en partenariat avec l’Assemblée provinciale, visant à moderniser les mécanismes de collecte, renforcer la transparence et donner à la Direction Générale des Recettes du Maniema (DGRMA) les moyens de jouer pleinement son rôle.
L’appui de la Banque mondiale : une bouffée d’oxygène institutionnelle
Dans cette dynamique, la DGRMA bénéficiera dans les prochains jours d’un appui de la Banque mondiale à travers l’élaboration des termes de référence pour le recrutement, sur concours, d’un Directeur général et d’un Directeur général adjoint.
Un geste fort qui vient soutenir une régie financière longtemps confrontée à des difficultés chroniques : manque de personnel qualifié, absence de maîtrise des actes générateurs, outils de gestion insuffisants.
Cette collaboration ouvre la voie à une administration modernisée et performante, capable d’offrir à la province la stabilité financière nécessaire pour « changer le Maniema par l’action, et non par les discours », selon les mots du gouverneur.
Ben AKILI









