La communauté pygmée de Kilicha, dans le territoire de Fizi au Sud-Kivu, dénonce une marginalisation persistante et la privation de ses terres au profit d’autres groupes et d’entreprises étrangères. L’alerte a été lancée samedi par l’un de ses leaders lors d’un entretien avec nos confrères de l’ACP.
Safari Kabi, figure de la communauté pygmée locale, affirme que les droits des peuples autochtones de cette région sont constamment ignorés.
« Nos droits sont bafoués. Nous ne sommes ni consultés ni informés des décisions importantes concernant nos terres, qui sont attribuées sans le consentement de notre communauté », a-t-il déclaré.
Selon lui, l’une des principales préoccupations concerne le transfert de terres situées dans leur zone vers des entreprises chinoises installées dans les hauts plateaux de Fizi, sans concertation avec les populations locales.
Il parle de « véritable spoliation », rappelant que la terre représente pour son peuple un élément vital.
« Notre terre, c’est notre vie. Aujourd’hui, cette vie est offerte à des étrangers sans que nous soyons avertis. C’est une violation flagrante de nos droits », a-t-il insisté.
Safari Kabi demande à l’État congolais de reconnaître pleinement les Pygmées comme des citoyens à part entière et d’assurer la protection de leurs droits, au même titre que ceux des autres communautés. Il rappelle que les Pygmées sont des peuples autochtones établis depuis des générations dans la région.
« Nous ne sommes pas des étrangers ici. Nous faisons partie de la mosaïque culturelle de Fizi », a-t-il souligné.
La communauté pygmée exhorte ainsi les autorités nationales à respecter les dispositions constitutionnelles et les engagements internationaux relatifs aux droits des peuples autochtones, afin de garantir leur sécurité foncière et leur dignité.
ACP via Surveillance.cd









