Un climat de tension règne au sein de la Kamoto Copper Company (KCC) à Kolwezi, dans la province du Lualaba, où les agents de l’entreprise minière tirent la sonnette d’alarme face à la présence d’exploitants miniers artisanaux clandestins sur leurs sites de production. La délégation syndicale, conduite par son président Denis Lumande, a exprimé une indignation profonde et une inquiétude croissante après une série d’incursions survenues entre le 31 novembre et le 2 décembre 2025.
Selon les travailleurs, ces intrusions ne se limitent plus à de simples passages furtifs. Elles s’accompagnent d’actes d’intimidation et d’un sentiment d’insécurité permanent pour le personnel.
« Nous n’acceptons plus que des individus pénètrent illégalement dans nos installations et mettent en danger nos vies. Trop, c’est trop. Nous venons travailler pour nourrir nos familles, pas pour être agressés », a martelé Denis Lumande devant les autorités provinciales, dénonçant des faits devenus presque quotidiens.

Face à la gravité de la situation, la délégation syndicale s’est rendue auprès de la gouverneure du Lualaba, Fifi Masuka, pour réclamer une action urgente et durable. Leur appel est de protéger les travailleurs et sécuriser les infrastructures industrielles, essentielles au bon fonctionnement de l’un des plus importants sites miniers du pays.
Réagissant à ces inquiétudes, la gouverneure a annoncé la convocation d’un conseil provincial de sécurité, ainsi que des discussions directes avec les dirigeants de la KCC. L’objectif est de définir des mesures coordonnées afin de restaurer l’ordre, garantir la sécurité du personnel et préserver le patrimoine de l’entreprise. Elle a également exhorté les agents à garder leur calme et à poursuivre leur travail, promettant que des sanctions tomberaient contre quiconque s’aviserait de vandaliser les installations.

Dans un élan collectif de protestation, les travailleurs de la KCC ont organisé des manifestations pacifiques dans les rues de Kolwezi, espérant attirer l’attention des autorités sur la dégradation de leur environnement professionnel. Ces marches, encadrées et non violentes, témoignent de l’exaspération d’un personnel qui demande simplement de pouvoir exercer son métier en toute sécurité.
Alors que les discussions sécuritaires sont attendues, le bras de fer entre les agents de la KCC et les exploitants artisanaux clandestins met en lumière les tensions persistantes autour de l’exploitation minière dans le Lualaba, où intérêts économiques, sécurité et enjeux sociaux s’entremêlent dans un équilibre fragile.
Ben AKILI









