Le Lualaba a franchi un pas majeur vers la stabilisation et la modernisation de sa gouvernance traditionnelle avec le lancement, mardi à Kolwezi, d’un atelier stratégique consacré à la récolte des données des entités coutumières. Une initiative voulue au plus haut sommet de l’État et portée par le vice-ministre des Affaires coutumières, Jean-Baptiste Ndeze, qui a officiellement ouvert les travaux devant une soixantaine de chefs traditionnels venus de toutes les chefferies et groupements de la province.
Prenant la parole, le vice-ministre a insisté sur la volonté ferme du Chef de l’État de doter les autorités coutumières d’un statut clair, légalement reconnu et administrativement sécurisé.
« C’est pour moi un réel plaisir de procéder au lancement de ces travaux de récolte des données des entités coutumières, mais surtout des données personnelles destinées à la régularisation de vos statuts, tel qu’annoncé par le Chef de l’État. Celui-ci s’est engagé à apporter une grande stabilité et une sécurité juridique dans la gestion quotidienne de vos entités », a-t-il affirmé dans son allocution.
Selon lui, cette démarche vise à renforcer la transparence, solidifier la légitimité des chefs traditionnels et garantir une gouvernance coutumière à la fois moderne, reconnue et respectée. L’atelier permettra notamment de centraliser des informations longtemps éparses, base indispensable à la clarification des rôles, à la résolution des conflits locaux et à la continuité institutionnelle au sein des communautés.
La gouverneure du Lualaba, Fifi Masuka Saini, présente à l’ouverture des travaux, a réaffirmé la détermination du gouvernement provincial à collaborer étroitement avec les autorités traditionnelles. Elle a salué « la présence du vice-ministre, qui témoigne de l’engagement du gouvernement central à accompagner la gouvernance coutumière dans sa dimension la plus fondamentale : la légitimité, la paix sociale et la cohésion communautaire ».
Pour la cheffe de l’exécutif provincial, la stabilité du Lualaba repose en grande partie sur la synergie entre l’État moderne et les structures traditionnelles, lesquelles demeurent des piliers essentiels de la médiation sociale, de la prévention des tensions locales et de la préservation des valeurs communautaires.
Durant deux jours, les chefs coutumiers prendront part à des travaux techniques, des échanges institutionnels et des séances de renforcement des capacités. L’objectif est clair : doter la province d’une cartographie coutumière fiable, juridiquement opposable et pleinement intégrée dans le système administratif de la RDC.
Ce chantier, considéré comme l’un des plus ambitieux depuis plusieurs années dans le secteur coutumier, ouvre une nouvelle ère pour les entités traditionnelles du Lualaba celle de la reconnaissance formelle, de la stabilité juridique et d’un partenariat renforcé entre coutume et modernité.
Maxime Mbumba









