La Haute Cour Militaire a ouvert, ce vendredi 19 décembre à Kinshasa, un procès d’une portée historique et hautement sensible, celui du Lieutenant-Général Yav Irung Philémon, ancien Commandant de la Troisième Zone de Défense et ex-Commandant des Opérations au Nord-Kivu. Au cœur de cette affaire explosive, des accusations lourdes de trahison, de participation à un mouvement insurrectionnel et d’incitation des militaires à des actes contraires au devoir et à la discipline, dans un contexte sécuritaire déjà fragilisé par l’agression armée à l’Est du pays.
Le Général Yav est poursuivi dans deux causes distinctes devant la plus haute juridiction militaire du pays. Dans la première, il comparaît seul, accusé par l’Auditeur Général près la Haute Cour Militaire, agissant au nom du Ministère Public, pour trahison et incitation des militaires à la désobéissance et à l’indiscipline.
Dans la seconde, il est poursuivi conjointement avec sieur Shauri Chibogo Issa, pour trahison et participation à un mouvement insurrectionnel, des faits que l’organe de la loi qualifie clairement d’actes d’agression contre la République, prévus et punis par le Code pénal militaire.
Lors de cette première audience, la Haute Cour Militaire a procédé à l’identification formelle du prévenu, étape préalable incontournable dans ce type de procédure. La défense du Général Yav a ensuite déposé un mémoire unique sollicitant sa mise en liberté provisoire, une requête que la juridiction a prise en délibéré, promettant de l’examiner conformément à la loi.
Selon la décision de renvoi, l’accusation repose notamment sur des communications jugées gravement compromettantes. Il est reproché au Général Yav d’avoir transmis au feu Général-Major Cirimwami Nkuba Peter, alors Gouverneur militaire intérimaire du Nord-Kivu, un message attribué à Sekoko Séraphin, présenté comme Secrétaire particulier du Général rwandais James Kabarebe, dont le Rwanda est accusé de soutenir les terroristes de l’AFC/M23. Le message en question, au contenu lourd de sous-entendus stratégiques, est ainsi libellé : « Ce Cirimwami-là retarde sérieusement notre projet.»
Un second message, toujours selon l’acte d’accusation, aurait été communiqué par le Général Yav au Général de Brigade Mwehu Lumbu Evariste, au mois de mars 2022, lors d’une rencontre à l’hôtel Serena de Goma. Le contenu, présenté comme une tentative manifeste de démoralisation et de fracture interne au sein des FARDC, est formulé en ces termes : « Mwehu, tu es tout le temps au front en train de combattre. Tu ne sais pas que la victoire remportée va profiter à ces Bangala ? Toi, on ne te verra pas.»
Pour le Ministère Public, ces propos traduisent une volonté délibérée de saper la cohésion de l’armée, de manipuler les clivages ident
Patient MUKUNA









