Le silence n’est jamais neutre. Dans un contexte politique sous tension, il peut devenir une arme redoutable. C’est ce constat sans concession qu’a dressé Me Dahlia Tshilanda, dénonçant l’aphonie des ONG traditionnellement engagées dans la défense des droits de l’homme face aux enjeux cruciaux de gouvernance et aux arrestations qu’elle qualifie d’« abusives et arbitraires ».
« Elles se sont tues et nous connaissons comment », a-t-elle lancé, dans une formule lourde de sens, laissant entendre un silence qui ne serait ni innocent ni neutre. Pour l’avocate, ce mutisme fragilise l’État de droit et installe un climat de peur au sein du microcosme politique et citoyen.
Me Dahlia Tshilanda s’exprimait à propos de la valeur ajoutée du Front de Lutte Contre les Arrestations Abusives et Arbitraires, une structure qu’elle présente comme un rempart face aux dérives sécuritaires. Selon elle, cette initiative répond à un vide préoccupant : celui laissé par des organisations de défense des droits humains jadis combatives, aujourd’hui silencieuses sur les questions de gouvernance.
« Lorsque les arrestations deviennent un instrument d’intimidation, il ne s’agit plus de justice, mais d’un outil de contrôle politique », a-t-elle martelé. Pour l’opposante, le combat dépasse les cas individuels. Il touche au socle même des libertés publiques.
Dans son analyse, Me Tshilanda évoque un climat où la peur d’être interpellé ou poursuivi pour ses opinions pèserait sur les acteurs politiques et les citoyens engagés. Elle dénonce des procédures qu’elle juge expéditives, un usage disproportionné de la détention préventive et une justice instrumentalisée.
Son discours, offensif et assumé, vise à réveiller les consciences. Elle appelle les ONG à « retrouver leur voix » et à reprendre leur rôle de vigies démocratiques. « La défense des droits humains ne peut être sélective. Elle ne peut s’exercer à géométrie variable », insiste-t-elle.
En mettant en avant le Front de Lutte Contre les Arrestations Abusives et Arbitraires, Me Dahlia Tshilanda entend fédérer les énergies autour d’un combat qu’elle qualifie de « vital pour la survie démocratique ». Pour elle, l’heure n’est plus aux prudences diplomatiques, mais à la mobilisation citoyenne.
À l’heure où le silence pèse plus lourd que les discours, Me Dahlia Tshilanda a choisi son camp : celui du courage. Car dans un pays où la peur tente d’étouffer les consciences, se lever pour dénoncer l’injustice n’est plus un simple acte politique — c’est un acte de résistance. Et face à ce qu’elle qualifie de dérives inquiétantes, son message claque comme un avertissement : l’histoire ne pardonne jamais à ceux qui se taisent.
Patient MUKUNA









