Face à la presse ce mercredi, Modeste Bahati Lukwebo, autorité morale de l’AFC et Alliés, a dénoncé avec fermeté ce qu’il qualifie de “dérives” autour des discussions sur la Constitution de la République démocratique du Congo. Pour lui, ces débats, loin d’être juridiques, relèvent avant tout d’un agenda politique aux conséquences potentiellement explosives. Le leader politique de l’AFC et Alliés a mis en garde contre toute tentative d’imposer une lecture unilatérale de la loi fondamentale.
« Si certains commencent à imposer leurs vues à l’ensemble de la population, cela provoquera inévitablement des réactions en sens inverse », a-t-il averti, pointant un risque réel de fracture nationale.
Au cœur de son intervention, la légitimité même du débat constitutionnel. Bahati Lukwebo rejette catégoriquement l’idée selon laquelle la Constitution actuelle serait “immature” ou inadaptée.
« On ne peut pas prétendre que tout un peuple n’est pas mûr pour sa propre Constitution », a-t-il martelé, dénonçant des discours qu’il juge méprisants et dangereux pour la cohésion nationale.
L’actuel vice-président du Sénat s’est également attaqué à ce qu’il considère comme une instrumentalisation médiatique du sujet. Il accuse certains acteurs de profiter de la visibilité offerte par les médias pour orienter l’opinion publique et fragiliser les institutions.
« Ceux qui se présentent aujourd’hui comme les concepteurs ou les gardiens de la Constitution oublient qu’elle est avant tout l’émanation du peuple », a-t-il insisté.
Cette sortie médiatique de Modeste Bahati vient raviver le débat sur une éventuelle révision constitutionnelle, un sujet hautement sensible en République démocratique du Congo. Alors que certains appellent à des réformes profondes, d’autres, à l’instar de Bahati Lukwebo, plaident pour le respect strict de l’ordre constitutionnel actuel. Une ligne de fracture qui pourrait, à terme, redessiner les équilibres politiques du pays.
Mais une chose est sûre, le débat sur la Constitution est loin d’être clos et il s’annonce de plus en plus électrique.
Emmanuel KAMBA









