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RDC : le CNPAV salue l’audit de Sicomines mais exige vérité et justice sur le « contrat du siècle »

La coalition Le Congo N’est Pas à Vendre (CNPAV) a salué l’annonce du lancement d’un audit technique et financier approfondi de la convention sino-congolaise Sicomines, tout en appelant à une transparence totale et à des poursuites judiciaires en cas d’irrégularités avérées.

Dans un communiqué publié ce lundi 09 mars à Kinshasa, la coalition de la société civile estime que cette démarche constitue une étape importante pour faire la lumière sur ce partenariat minier majeur souvent qualifié de « contrat du siècle ». L’initiative a été annoncée par l’Agence de Pilotage et de Suivi des Conventions (APCSC), qui prévoit également une certification intégrale des ressources minières allouées au projet.

Depuis plus d’une décennie, le CNPAV dénonce ce qu’il considère comme un partenariat déséquilibré et opaque entre la République démocratique du Congo et les partenaires chinois impliqués dans le projet Sicomines. L’organisation voit donc dans cet audit une opportunité d’établir les responsabilités et d’améliorer la gouvernance des ressources naturelles du pays.

« Depuis plus d’une décennie, les organisations membres du CNPAV dénoncent le caractère déséquilibré et opaque de ce partenariat. Nous saluons le fait que l’audit envisagé semble vouloir couvrir toutes les dimensions critiques : minières, énergétiques, infrastructurelles, financières, fiscales et contractuelles. Cette démarche rejoint nos demandes de longue date aux parties prenantes pour une évaluation rigoureuse et indépendante du projet », indique le communiqué.

La coalition insiste toutefois sur le fait que l’exercice ne doit pas se limiter à un simple diagnostic technique. Pour elle, les conclusions devront conduire à des enquêtes judiciaires en cas de soupçons de corruption ou de détournements liés à la négociation de la convention, au financement des infrastructures ou encore au développement du projet hydroélectrique de Busanga.

Le CNPAV évoque également la nécessité d’examiner plusieurs aspects controversés, notamment les conditions d’acquisition des licences minières ainsi que le paiement de 22,5 millions de dollars de jetons de présence aux membres de l’ancienne commission chargée de la renégociation de la convention.

Dans cette perspective, la coalition se dit prête à collaborer avec les autorités et à contribuer aux discussions prévues avec la société civile afin d’apporter ses analyses détaillées sur les volets minier, infrastructurel et énergétique du partenariat.

Pour le porte-parole du CNPAV, Jean Claude Mputu, l’audit devra marquer un tournant dans la gestion des ressources minières congolaises.

« L’audit ne doit pas être une simple formalité administrative, mais le point de départ d’un réel rééquilibrage des intérêts pour que le peuple congolais bénéficie enfin de ses richesses », a-t-il déclaré.

La coalition appelle également à l’application des standards internationaux de transparence, notamment ceux promus par l’Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives (ITIE). Elle demande en outre que les résultats de l’audit soient rendus publics afin de permettre un contrôle citoyen et d’alimenter le débat national sur la gestion des ressources minières.

Le CNPAV insiste enfin pour que le coût de l’audit soit entièrement pris en charge par le Trésor public et non par le projet Sicomines lui-même, afin de garantir l’indépendance et la crédibilité du processus. Selon la coalition, seule une démarche transparente et indépendante permettra de restaurer la confiance entre les institutions publiques et les citoyens.

Ainsi, pour la coalition Le Congo N’est Pas à Vendre, l’audit de la convention Sicomines représente une occasion déterminante de lever le voile sur l’un des partenariats miniers les plus controversés de la République démocratique du Congo. Reste désormais à savoir si cette initiative se traduira réellement par des réformes, des poursuites et un rééquilibrage au bénéfice du peuple congolais.

Ben AKILI

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