La sortie médiatique de Joseph Kabila continue de provoquer de vives réactions. Depuis Bruxelles, le Front uni pour la RDC Benelux est monté au créneau après les récentes déclarations de Joseph Kabila.
Ce mouvement regroupant les congolais de la diaspora accuse l’ancien président de tenter de réécrire l’histoire en se présentant comme défenseur de la paix, de la démocratie et de la Constitution, alors que son règne reste associé, selon ce front, au musèlement de l’opposition, à la corruption, à l’impunité, à l’isolement diplomatique de la RDC, au glissement du pouvoir, au bradage des ressources nationales, à l’insécurité à l’Est et à l’affaiblissement de l’État.
Après avoir qualifié le régime actuel de « dictature », traité Félix Tshisekedi de « va-t-en-guerre », critiqué les processus de paix en cours et appelé à « balayer le système », lancien chef de l’État se retrouve désormais dans le viseur du Front uni pour la RDC, qui l’accuse de faire preuve d’un « cynisme politique inouï ».
Par ailleurs, Le Front uni pour la RDC rappelle que le bilan humain des années Kabila reste marqué par des épisodes d’une extrême gravité : à Maluku, entre 421 et 425 corps ont été enterrés dans la fosse commune de Fula-Fula en mars 2015 ; dans le Kasaï, l’ONU a pu confirmer 251 victimes d’exécutions ciblées entre mars et juin 2017 dans l’affaire Kamwina Nsapu, tandis que l’église catholique avançait déjà plus de 3 383 morts à la mi-2017 ; à Lubumbashi, le carnage des adeptes de Mukungubila, qui avait fait près de 214 morts et une dizaine de blessés, pour ne citer que cela.
Le Front uni pour la RDC souligne que les années Kabila restent associées à une chaîne de violences documentées : au moins 51 jeunes exécutés et 33 disparus dans l’opération Likofi à Kinshasa ; l’assassinat de Floribert Chebeya et la disparition de Fidèle Bazana après une convocation policière en 2010 ; puis, lors des marches catholiques de 2017-2018, 17 morts, plus de 160 blessés et quelque 400 arrestations arbitraires, avec parmi les victimes Rossy Mukendi et Thérèse Kapangala.
Pour le Front uni pour la RDC, le fait que Joseph Kabila reprenne la parole précisément un 23 mars, date liée à l’accord conclu avec le CNDP et à l’origine de la trajectoire ayant conduit au M23, constitue une insulte à la nation, une provocation politique de trop et une faute morale impardonnable.
Lorsqu’il parle de « soudanisation », attaque les initiatives de Doha et de Washington, appelle à changer la classe politique et à « mettre fin au régime Tshisekedi », Joseph Kabila, pyromane cynique, Kabila oublie que c’est le Président Tshisekedi qui a démasqué et déculotté Paul Kagame, le complice de Kabila dans la déstabilisation du Congo.
Il a court-circuité tous les circuits de Kagame, par lesquels il allait vendre illicitement les minerais de la RDC provenant du profit de la déstabilisation orchestrée avec Kabila à l’Est de la RDC. Parler aujourdhui de la soudanisation de la RDC apparaît d’autant plus contradictoire que les germes de la balkanisation et l’architecture de cette déstabilisation ont été installés sous son pouvoir, en lien avec Paul Kagame.
Le combat dans lequel le Front uni s’est engagé, en soutien aux efforts du président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, s’inscrit pleinement dans une logique de démantèlement et de déracinement de cette entreprise du mal enracinée à l’est de la RDC sous les Kabila, père et fils. Joseph Kabila a donc, une fois encore, manqué une occasion de se taire, estime le front Uni.
La Rédaction









