back to top

RDC : l’ARSP mise sur la sous-traitance pour booster l’économie malgré un recul en 2025

Le Directeur général de l’Autorité de Régulation de la Sous-traitance dans le secteur privé (ARSP), Miguel Kashal, a dressé un état des lieux du secteur de la sous-traitance en République démocratique du Congo, lors d’un briefing de hebdomadaire tenu ce lundi avril 2026, coanimé avecleministrede laCommunicationetMédias, PatrickMuyaya. Un exercice marqué par la présentation de statistiques récentes, révélant à la fois une croissance notable et un recul conjoncturel lié au contexte sécuritaire.

Selon les chiffres avancés, le volume d’affaires de la sous-traitance a connu une progression spectaculaire entre 2022 et 2024.

« Nous avons publié les statistiques de 2023, 2024 et 2025 pour démontrer d’où nous sommes venus et où nous allons. Lors de mon premier état des lieux en 2022, il n’y avait que 300 millions de dollars de chiffre d’affaires. En 2023, nous sommes passés à plus de 2 milliards de dollars, ce qui démontre l’impact de la vulgarisation menée auprès des parties prenantes, avec une répartition de 51 % pour les Congolais contre 49 % pour les expatriés. En 2024, nous avons dépassé 2,4 milliards, avant de retomber à plus de 1,7 milliard en 2025, une baisse liée notamment à la guerre d’agression », a expliqué le Directeur général de l’ARSP.

Au-delà des chiffres, Miguel Kashal a insisté sur la nécessité de respecter strictement la chaîne de valeur dans le secteur. Il a rappelé que les grandes entreprises doivent se limiter à leurs activités principales, laissant les segments secondaires aux PME locales.

« Nous avons dit, nous insistons : les entreprises à grande échelle ne doivent pas faire les activités qui font les sociétés à petites échelles. Les entreprises principales ne doivent pas exercer dans le secteur où les sociétés secondaires doivent œuvrer, parce que l’ARSP n’octroie cette licence aux entreprises principales », a-t-il ajouté.

Cette dynamique s’inscrit dans le cadre des réformes impulsées par le président Félix Tshisekedi, visant à structurer et dynamiser le secteur.

« Sous la houlette et l’œil vigilant du chef de l’État Félix Tshisekedi, lui qui met en place les réformes tant structurelles qu’administratives pour l’avancement de la sous-traitance en RDC, nous sommes en train de réaliser des prouesses et de lutter pour la création de plus d’emplois pour les jeunes gens qui doivent être insérés dans ce secteur. Nous allons le faire car l’ARSP a 8 milliards de dollars à encaisser chaque année », a-t-il fait savoir.

Dans cette optique, un accent particulier est mis sur l’insertion professionnelle des jeunes, notamment ceux ne disposant pas de qualifications formelles.

« Nous avons signé ce protocole d’accord pour insérer la main-d’œuvre dans le secteur de la sous-traitance pour accompagner ces jeunes qui ne sont pas valorisés avec des documents qui démontrent qu’ils ont fait une quelconque formation. Nous avons signé cet accord pour aggraver l’aspect fiscal en RDC et empêcher ces jeunes gens de prendre les armes un jour ou poser des actes inciviques », a-t-il martelé.

Par ailleurs, l’ARSP poursuit ses actions de contrôle sur le terrain. Une mission d’inspection a récemment été menée dans le Congo Central, aboutissant à des mesures disciplinaires.

« Nous avons effectué une visite d’inspection dans le Congo Central pour réguler le domaine de la sous-traitance. Sur place, nous avons radié des sociétés sous-traitantes inéligibles dans le port GMT au Congo Central ainsi que la radiation de la société KMS après plusieurs dérogations accordées. Les sociétés doivent œuvrer conformément aux règles établies par le gouvernement, notamment la disposition sur le nombre de pourcentages de Congolais dans une société de sous-traitance », a laissé entendre Miguel Kashal.

Malgré les défis sécuritaires persistants, les autorités congolaises réaffirment leur engagement à faire de la sous-traitance un levier clé du développement économique. À travers l’ARSP, le gouvernement entend renforcer la régulation, promouvoir l’emploi local et structurer durablement ce secteur stratégique pour l’économie nationale.

Michel KABEYA

Sur le même sujet

Assemblée nationale : motion Shabani rejetée, le député Laddy Yangotikala refuse de parler « d’échec » et maintient la pression

Le rejet de la motion de défiance visant le vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, n’a pas entamé la détermination du député...

RDC : la Banque centrale parie sur le franc congolais et affiche une économie en croissance

Le gouverneur de la Banque centrale du Congo, André Wameso, a dressé un état des lieux de la conjoncture économique nationale lors d’un briefing...

Haut-Katanga : le DG du SAEMAPE refoulé d’un site minier à Kambove par la garde présidentielle, symptôme inquiétant d’un désordre institutionnel

Un incident pour le moins troublant s’est produit à Kambove, dans la province du Haut-Katanga où l'on voit dans une vidéo relayée dans les...

RDC : la relance de la Sokimo annoncée comme levier clé pour stabiliser l’Ituri

Un vent d’espoir souffle sur le secteur minier congolais. La relance de la Société minière de Kilo-Moto (Sokimo) s’impose désormais comme une priorité stratégique...

Insécurité dans l’Est : Kinshasa réaffirme sa loyauté aux accords et accuse Kigali de duplicité

Face à la persistance de l’insécurité dans l’Est de la République démocratique du Congo, le gouvernement congolais réaffirme son engagement en faveur des solutions...

RDC : Samy Badibanga défend Banana comme priorité stratégique face au corridor de Lobito

Le débat sur les corridors d’exportation en République démocratique du Congo prend une tournure décisive. Face aux critiques évoquant un supposé abandon du Kasaï,...

Articles récents