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Lualaba : Kakanda en colère, la population dit non à l’exploitation minière illégale orchestrée par des élites politico-militaires

Une onde de choc traverse la cité minière de Kakanda, dans la province riche en ressources du Lualaba, alors que les habitants se lèvent avec fermeté contre ce qu’ils qualifient de pillage organisé de leurs richesses par des personnalités politiques et militaires influentes. Ces dernières sont accusées d’exploiter illégalement des concessions minières privées, au mépris des lois en vigueur et au détriment des communautés locales.

Une révolte citoyenne contre l’impunité

Ce n’est plus un murmure, mais un cri collectif qui monte des quartiers de Kakanda : « Trop, c’est trop ! ». Depuis plusieurs mois, la population observe avec indignation l’exploitation sauvage de certaines concessions minières, opérée sans autorisation légale, souvent la nuit, et avec la complicité présumée de figures bien placées dans l’appareil d’État.

Des sources locales contactées par Surveillance.cd, rapportent que plusieurs sites miniers, pourtant reconnus comme propriétés privées de coopératives ou d’opérateurs agréés, ont été pris d’assaut par des groupes d’exploitants se revendiquant de certaines autorités. Camions, pelleteuses et engins lourds circulent librement, extrayant et exportant illégalement des minerais précieux comme le cuivre et le cobalt.

« Ce sont des militaires armés qui sécurisent ces opérations. Nous n’avons aucun droit de regard, même quand cela se passe sous nos fenêtres », témoigne un habitant de Kakanda, sous couvert d’anonymat à Surveillance.cd

Les lois bafouées, les communautés oubliées

L’exploitation minière en République Démocratique du Congo est régie par un code minier clair, exigeant des permis, des études d’impact environnemental, et surtout, la consultation des communautés locales. Mais à Kakanda, ce cadre légal semble ignoré.

« Ces concessions appartiennent légalement à des coopératives locales. Voir des étrangers à ces projets venir les exploiter sans autorisation, avec la bénédiction de certaines figures de l’armée ou des autorités politiques, c’est un mépris total de nos droits », déplore un membre de la société civile locale.

Selon plusieurs leaders communautaires, les conséquences sont lourdes : destruction de l’environnement, pollution des rivières, insécurité grandissante, et aucune retombée économique pour les populations riveraines. Pire encore, les jeunes de la cité, pourtant qualifiés pour ces activités, sont laissés de côté.

Manifestations, pétitions et appels à Kinshasa

Face à cette situation explosive, la population de Kakanda s’organise. Des marches pacifiques ont été initiées, des pétitions adressées aux autorités provinciales et nationales, et des campagnes de sensibilisation relayées sur les réseaux sociaux.

« Nous n’avons rien contre l’exploitation minière légale. Mais que cela se fasse dans la transparence, le respect des lois, et surtout, dans l’intérêt de la communauté », explique un porte-parole d’un collectif citoyen contacté.

Des représentants de la société civile ont également lancé un appel à la Présidence de la République, demandant une enquête indépendante et la fin de l’impunité. Ils réclament la suspension immédiate de toute activité illégale dans les concessions concernées, ainsi que des poursuites contre les auteurs, qu’ils soient civils ou militaires.

Et le gouvernement dans tout ça ?

Pour l’instant, aucune déclaration officielle n’a été faite par les autorités provinciales du Lualaba, ni par le ministère des Mines. Ce silence commence à alimenter la suspicion et à renforcer la colère populaire.

Des analystes politiques estiment que ce type de scandale pourrait avoir un impact majeur sur la crédibilité des institutions locales, surtout à l’approche de la tenue dans cette province, de la 12e conférence des gouverneurs.

Le message est clair : la population de Kakanda ne veut plus être spectatrice de l’exploitation illégale de ses ressources. Elle exige transparence, responsabilité, et surtout, le respect de ses droits fondamentaux.

Dans un pays où les ressources minières devraient être une bénédiction pour les communautés, les habitants de Kakanda rappellent à l’État congolais son devoir premier : protéger ses citoyens, et non les sacrifier sur l’autel de l’enrichissement illicite de quelques-uns.

B.A

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