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Fraude chez Equity Group : après 1 200 licenciements au Kenya, la RDC dans la ligne de mire

Une tempête secoue le géant bancaire Equity Group Holdings (EGH). Après avoir mis à pied 1 200 employés au Kenya pour fraude, le groupe annonce l’extension de son enquête à ses autres filiales, notamment en République démocratique du Congo, où EquityBCDC détient la plus grande part du marché bancaire. Une onde de choc qui pourrait peser lourd sur l’avenir du groupe dans la région.

Le 3 juin 2025, James Mwangi, PDG d’Equity Group, a confirmé le licenciement massif de 1 200 employés dans la filiale kényane. L’annonce fait suite à une vaste enquête interne lancée en avril, visant des soupçons de fraude interne liés à l’usage détourné de portefeuilles M-Pesa et de comptes personnels.

« Nous avons découvert des transferts non autorisés, y compris vers des comptes offshore à Abou Dhabi. Plusieurs départements sont concernés », a déclaré Mwangi. Selon les chiffres communiqués, les pertes cumulées s’élèveraient à environ 2 milliards de shillings kényans, soit plus de 15 millions de dollars américains sur deux ans.

Cette affaire révèle des failles majeures dans les mécanismes de contrôle interne du groupe, alors même que la digitalisation rapide des services bancaires a considérablement accru les volumes de transactions.

La RDC, premier marché et prochain champ d’audit

Mais l’enquête ne s’arrête pas au Kenya. Le PDG d’Equity a annoncé que toutes les filiales seront passées au crible, à commencer par la RDC. Une annonce qui prend une dimension particulière, puisque la République démocratique du Congo est aujourd’hui le premier marché du groupe, avec 27 % de parts de marché dans le secteur bancaire national.

Depuis la fusion en 2020 entre Equity Bank Congo et la BCDC, le nombre de clients est passé de 890 000 à 1,86 million à fin octobre 2024. Ce succès fulgurant place EquityBCDC en tête de ses opérations africaines, devant le Rwanda (17,7 %), le Sud-Soudan (15,1 %), le Kenya (13,1 %), l’Ouganda (7,4 %) et la Tanzanie (1,7 %).

Mais cette croissance rapide, portée par la numérisation et l’expansion des services, pourrait aussi cacher des failles similaires à celles détectées au Kenya. Dans les coulisses, les regards se tournent désormais vers Kinshasa, où l’annonce d’un audit interne est attendue.

Une pression supplémentaire sur le dossier EquityBCDC

Ce scandale intervient dans un contexte déjà tendu pour Equity Group en RDC. Depuis 2023, la Banque Centrale du Congo (BCC) exige du groupe qu’il cède 35 % de ses parts dans EquityBCDC à des investisseurs congolais ou régionaux, afin de respecter les règles de limitation des participations étrangères dans le secteur bancaire.

Le délai pour s’y conformer expire le 4 juillet 2026. Mais selon plusieurs sources proches du dossier, le groupe peine à trouver des repreneurs crédibles, et cette affaire de fraude pourrait compliquer davantage l’opération. Les investisseurs potentiels pourraient désormais se montrer frileux, alors que la gouvernance interne du groupe est sérieusement remise en question.

Un enjeu de crédibilité pour le groupe

James Mwangi assure que la stratégie actuelle vise à « rétablir l’intégrité et la confiance » au sein du groupe. Mais pour Equity, il s’agit surtout de contenir une crise qui menace sa crédibilité en Afrique de l’Est, alors que la RDC représente à la fois son plus grand marché, et désormais, son plus grand risque.

À Kinshasa comme à Nairobi, les autorités bancaires et les clients attendent des réponses claires. L’affaire Equity pourrait bien devenir un cas d’école sur les défis de la croissance rapide dans les économies africaines : quand l’expansion précède le contrôle.

B.A

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