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Kasaï Oriental : à Mbujimayi, la jeunesse confrontée à un chômage chronique

À Mbujimayi, chef-lieu du Kasaï Oriental, le chômage des jeunes atteint des proportions alarmantes, plongeant une grande partie de la population active dans la précarité et l’incertitude. Dans cette ville autrefois prospère grâce à l’exploitation diamantifère, l’absence de politiques publiques efficaces et le déclin de l’activité minière laissent désormais place à une crise sociale sans précédent.

Chaque matin, ils sont des centaines, parfois des milliers, à arpenter les rues poussiéreuses du centre-ville à la recherche d’un emploi ou d’un revenu de subsistance. Âgés de 18 à 35 ans pour la plupart, diplômés ou non, ils se heurtent tous au même mur : celui de l’inexistence d’un marché du travail structuré.

« J’ai terminé mes études à l’université depuis trois ans, mais je n’ai jamais trouvé d’emploi stable. Même les petits boulots se font rares », témoigne Junior Kabeya, 28 ans, licencié en sciences économiques.

À l’instar de nombreux jeunes de sa génération, il survit grâce au commerce informel et aux aides familiales.

La crise ne touche pas uniquement les diplômés. Dans les quartiers périphériques de communes de Bipemba ou Diulu, de nombreux jeunes sans qualification s’adonnent à des activités de survie : pousse-pousse, vente ambulante, voire parfois des actes de délinquance. D’autres, désœuvrés, trouvent refuge dans les jeux de hasard tels que le ngenge ou les paris sportifs communément appelés Winner, espérant y décrocher, contre toute probabilité, une échappatoire financière. Un phénomène inquiétant que déplorent les autorités locales, souvent désarmées face à l’ampleur du problème.

Pour de nombreux analystes, cette situation est le résultat d’un double héritage : celui d’une désindustrialisation progressive et d’une mauvaise gouvernance.

« L’État a déserté le terrain de l’emploi. Il n’y a ni incitation à l’investissement local ni programmes d’accompagnement des jeunes », estime un économiste basé à Mbujimayi, qui préfère garder l’anonymat.

Le chômage des jeunes à Mbujimayi alimente également un sentiment de frustration grandissant, qui pourrait à terme devenir une source d’instabilité sociale. Plusieurs organisations de la société civile tirent la sonnette d’alarme et appellent les autorités à des réformes urgentes, notamment dans les secteurs de l’agriculture, de l’entrepreneuriat et de la formation professionnelle.

Dans cette ville au potentiel longtemps sous-exploité, la jeunesse attend plus que des promesses. Elle réclame des actions concrètes, capables de redonner espoir et dignité à toute une génération laissée-pour-compte.

Félix Ilunga

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