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Accord de Washington : la RDC trace sa ligne rouge sur l’intégrité territoriale

L’accord de Washington s’ajoute désormais à l’arsenal diplomatique destiné à ramener la paix dans l’Est de la République démocratique du Congo. Jeudi soir, la cheffe de la diplomatie congolaise, Thérèse Kayikwamba, a précisé devant la presse à Kinshasa que ce texte ne remplace aucun processus en cours, mais vient plutôt en complément des efforts déjà engagés.

« Deux principes fondamentaux ont été réaffirmés dans cet accord : la primauté de l’intégrité territoriale et le devoir de réciprocité entre États », a souligné la ministre des Affaires étrangères, insistant sur le caractère contraignant du document. « Au-delà de la contrainte juridique, la pression politique, diplomatique et médiatique s’exerce désormais sur tous les signataires », a-t-elle averti.

À ses côtés, le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a rappelé avec fermeté : « Il est hors de question de violer l’intégrité territoriale de son voisin. » Pour lui, le premier chapitre de l’accord consacre la « ligne rouge » de Kinshasa : le respect absolu des frontières de la RDC.

Alors que le pays fait face à des agressions armées répétées à l’Est, notamment dans le Nord-Kivu, les autorités congolaises espèrent que ce nouveau cadre juridique et diplomatique permettra de renforcer la pression internationale sur les acteurs régionaux et les groupes armés encore actifs dans la région.

Cette affirmation intervient dans un contexte où Kinshasa accuse régulièrement le Rwanda de soutenir, directement ou indirectement, le mouvement rebelle du M23 actif dans le Nord-Kivu. L’accord de Washington pourrait donc constituer une base diplomatique solide pour isoler et condamner, sur le plan international, toute forme de soutien à des forces déstabilisatrices opérant sur le sol congolais.Un test pour la diplomatie régionale.

L’accord intervient dans un climat tendu entre plusieurs pays de la région des Grands Lacs. Si certains acteurs ont signé le texte sous pression ou avec réserve, Kinshasa mise sur la mobilisation de l’opinion internationale et des institutions multilatérales pour faire respecter ses clauses.

« Il ne s’agit pas d’un texte de plus. C’est une charte d’engagement collectif. Toute violation sera portée devant les juridictions compétentes et devant l’opinion internationale », a insisté Kayikwamba.

Le gouvernement congolais espère que l’accumulation des engagements multilatéraux — Addis-Abeba, Nairobi, Luanda et désormais Washington créera une dynamique irréversible vers la paix et la stabilisation de la région.

Ben AKILI

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