Le compte à rebours a commencé. Le président Félix-Antoine Tshisekedi est désormais à l’étape finale de l’élaboration du nouveau gouvernement, baptisé officieusement Suminwa II. Lors du dernier Conseil des ministres, tenu à Kinshasa, le chef de l’État a confirmé que les arbitrages nécessaires ont été faits. En coulisse, tout est fin prêt pour annoncer une nouvelle équipe gouvernementale dans les tout prochains jours.
Selon des sources bien informées à la Présidence, les concertations entre la Première ministre Judith Suminwa Tuluka et les différents groupes politiques de l’Union sacrée sont terminées. Les dernières touches ont été apportées, les équilibres ethniques, géopolitiques, générationnels et politiques peaufinés. Le président de la République aurait reçu les propositions définitives des portefeuilles clés : Intérieur, Justice, Défense, Mines, Hydrocarbures, Finances, Éducation, et bien sûr, les Affaires étrangères.
« Il ne reste plus qu’au président d’entériner la liste finale. L’annonce officielle pourrait intervenir à tout moment », confie une source présidentielle.
L’enjeu du prochain gouvernement est double, efficacité politique et préparation des grandes réformes de la seconde mandature. Félix Tshisekedi, réélu en décembre 2023 pour un second mandat, veut imprimer une nouvelle dynamique à son action. Exit les ministres passifs ou trop politiques. La nouvelle équipe devrait, selon les indiscrétions, faire davantage de place aux profils techniques, aux jeunes compétences et aux figures féminines, dans un souci d’efficacité et de résultats mesurables.
La Première ministre Suminwa serait encline à proposer une équipe plus restreinte, pour éviter l’enflure budgétaire du précédent gouvernement Sama Lukonde, parfois jugé pléthorique et peu cohérent dans l’action.
Ce remaniement est aussi l’occasion d’un renouvellement profond. Certains poids lourds du précédent gouvernement pourraient être écartés, au profit de nouvelles figures issues des rangs de l’Union sacrée ou de la société civile.
Mais la bataille des postes reste intense, avec des pressions exercées par plusieurs regroupements politiques qui réclament une « juste part » dans l’équipe gouvernementale. Le PPRD, désormais très affaibli, tente de sauver les meubles là où l’UDPS, parti présidentiel, entend accroître sa présence au sein des ministères régaliens.
Dans l’opinion publique, les attentes sont énormes. L’insécurité persistante à l’Est, la crise de l’eau et de l’électricité, le chômage des jeunes, la corruption, la pauvreté galopante… autant de défis que le gouvernement Suminwa II devra rapidement prendre à bras-le-corps. Beaucoup espèrent que cette équipe marquera une rupture avec les lenteurs et les querelles internes qui ont plombé le précédent quinquennat.
Tshisekedi, fort de sa légitimité renouvelée, sait que l’histoire retiendra davantage les actes que les discours. La composition du prochain gouvernement sera un premier signal fort de la direction qu’il souhaite donner à son second mandat.
Emmanuel Kamba









