Dans un communiqué incisif, la coalition citoyenne « Le Congo N’est Pas À Vendre » (CNPAV) a réaffirmé sa détermination à poursuivre son combat contre la corruption en République démocratique du Congo (RDC), malgré les attaques, menaces et procès-bâillons dont elle dit être victime.
« Chaque franc volé, chaque centime détourné, chaque mine cédée en violation des lois congolaises et par la corruption, prive un enfant d’une école, une famille d’un hôpital, une communauté de l’électricité et de l’eau potable. Cette hémorragie organisée tue le Congo », souligne le communiqué.
Depuis sa création, le CNPAV dit avoir fait l’objet de « menaces directes, de procès-baillons et de campagnes de dénigrement orchestrées par les auteurs de la corruption et certains médias ». Selon la coalition, ces attaques s’intensifient particulièrement lorsqu’elle révèle de nouveaux éléments liés au système de corruption gravitant autour de l’homme d’affaires israélien Dan Gertler.
« Nos détracteurs nous accusent d’être financés par des étrangers ou de servir des intérêts opaques. Ceux qui tiennent ces propos oublient que la majorité des ONG et des gouvernements africains sont financés par les mêmes bailleurs internationaux », répond sèchement la plateforme.
Le CNPAV insiste sur son indépendance vis-à-vis des influences politiques et étrangères. « Notre indépendance est non négociable », tranche le communiqué, rejetant tout « agenda caché ».
La coalition rappelle que son combat a commencé sous l’ère Joseph Kabila, avec la dénonciation du contrat controversé sur les passeports biométriques. Sous le mandat de Félix Tshisekedi, elle affirme continuer « avec la même rigueur » en s’attaquant au scandale du RAM, à la corruption électorale, aux « pertes de plus de 130 millions USD dans le contrat Sicomines » et aux « jetons de présence de plus de 30 millions versés par les partenaires chinois aux négociateurs congolais ».
Le CNPAV revendique plusieurs victoires dans le combat pour la transparence :
- la dénonciation du contrat SEMLEX sur les passeports biométriques ;
- la révélation de l’affaire Sokimo – AJN dans le secteur aurifère ;
- l’enquête Congo Hold-up, qui a documenté les détournements massifs de fonds publics via le système bancaire ;
- le plaidoyer pour la réhabilitation de la Cour des comptes ;
- la campagne nationale « Ma voix n’est pas à vendre » en faveur d’élections indépendantes.
«Ce n’est pas une guerre contre l’État, mais pour l’État»
Pour le CNPAV, les attaques dont il fait l’objet poursuivent trois objectifs à savoir : détourner l’attention de l’opinion des vrais scandales, délégitimer une coalition devenue « crédible et écoutée », et intimider les défenseurs de la bonne gouvernance.
« Le combat contre la corruption n’est pas une guerre contre l’État congolais. C’est une lutte pour l’État congolais, pour sa souveraineté réelle, la protection de ses ressources, le respect de ses lois et le bien-être de tous les Congolais », insiste la coalition.
Et de conclure :
« Le chien aboie, la caravane passe. Aucune tentative d’intimidation ne détournera le CNPAV de sa mission de transparence et de justice sociale. Car le Congo N’est Pas À Vendre. Et il ne le sera jamais. »
Au-delà des attaques et des accusations, le bras de fer entre le CNPAV et les réseaux de la corruption en RDC illustre une bataille plus large : celle de la reconquête d’un État affaibli par des décennies de prédation systémique.
La question n’est plus seulement de dénoncer, mais de savoir si les institutions congolaises auront la capacité et la volonté de traduire ces révélations en réformes concrètes et en sanctions exemplaires. Car si les coalitions citoyennes comme le CNPAV tiennent bon face aux intimidations, l’avenir du Congo dépendra moins de leur courage que de la transformation de leurs cris d’alerte en actes de justice et de gouvernance.
Ben AKILI









