Le climat s’assombrit dans le secteur minier de la province du Lualaba. Dans une lettre ouverte adressée à la gouverneure Fifi Masuka, l’opérateur minier Jeje Mulolo dénonce avec vigueur ce qu’il qualifie de « dérives graves » dans la gestion du ministère provincial des Mines dirigé par Nico Wamana. Pour lui, l’actuel ministre a transformé ce portefeuille stratégique en un espace d’improvisation, de népotisme et de désordre institutionnalisé.
Selon Jeje Mulolo, le ministre provincial brille par une incompétence notoire depuis sa nomination. L’homme d’affaires l’accuse notamment notamment : d’ingérence manifeste dans les affaires des exploitants artisanaux, attisant tensions et méfiances au sein du secteur ; de manque d’encadrement des sites miniers, ouvrant la voie à l’anarchie, à l’exploitation désordonnée et à l’insécurité des creuseurs ; de défaut de contrôle sur les coopératives minières, ce qui aggrave la fraude, encourage les abus et prive la province de précieuses recettes publiques.
Pour l’opérateur minier, ces manquements constituent une violation flagrante du Code minier (loi n°18/001 du 09 mars 2018) et du Règlement minier, mais également une trahison des principes de la décentralisation consacrés par la Constitution.
« Le silence face à une telle situation risque de provoquer des contestations et des soulèvements des exploitants artisanaux », prévient Jeje Mulolo, qui se dit profondément inquiet pour la paix sociale et la stabilité économique du Lualaba.
Dans son cri d’alarme, il met en garde contre une explosion de frustrations dans les sites miniers, un scénario qui pourrait replonger la province dans une spirale de tensions incontrôlables.
Face à cette gestion jugée catastrophique, Mulolo appelle la gouverneure Fifi Masuka à prendre ses responsabilités politiques. Il recommande explicitement la révocation de Nico Wamana, estimant que son maintien à la tête du ministère des Mines compromet la confiance des exploitants artisanaux et mine la crédibilité des institutions provinciales.
« Écarter de ses fonctions l’actuel ministre provincial des Mines serait un acte de responsabilité politique et de leadership éclairé », insiste-t-il, affirmant que seule une telle décision permettra de rétablir la confiance, d’éviter les crises sociales et de garantir un climat serein indispensable au développement du secteur minier.
La lettre ouverte de Jeje Mulolo sonne comme une interpellation solennelle à l’endroit de la gouverneure. Elle reflète un profond malaise au sein du secteur minier du Lualaba, pierre angulaire de l’économie congolaise.
En attendant la réaction officielle de la gouverneure, l’opinion s’interroge si la cheffe de l’exécutif provincial cédera-t-elle à la pression et tranchera-t-elle dans le vif pour sauver l’image de sa gouvernance ? La question reste pendante et l’avenir va trancher.
Ben AKILI









