Le Chef de l’État, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, a instruit l’Autorité de Régulation de la Sous-traitance dans le secteur privé (ARSP) et la Fédération des Entreprises du Congo (FEC) de lancer un contrôle de conformité sur l’application de la loi relative à la sous-traitance dans les grandes entreprises opérant en République démocratique du Congo.
Cette décision fait suite aux multiples cris d’alarme lancés par des entrepreneurs congolais, dénonçant l’exclusion quasi systématique des petites et moyennes entreprises locales au profit de sociétés étrangères ou proches de certaines multinationales.
Parmi les voix qui se sont levées, celle de Pepel Lubo, entrepreneur congolais, qui salue l’initiative présidentielle mais reste sceptique sur l’efficacité de ce contrôle tant que la FEC, considérée comme le principal bouclier des grandes entreprises, reste au centre du dispositif.
« Nous nous félicitons de la réaction du Chef de l’État. Mais nous craignons que la FEC, protectrice de ces grandes sociétés, ne joue le rôle de juge et partie. Nous demandons à l’ARSP d’intégrer dans ce processus des représentants des associations d’entrepreneurs de chaque secteur », a-t-il déclaré.
La loi congolaise sur la sous-traitance, adoptée en 2017, vise à garantir qu’au moins 51 % des marchés de sous-traitance soient attribués à des entreprises à capitaux congolais. Pourtant, sur le terrain, l’application reste timide, et de nombreux acteurs économiques locaux dénoncent un système verrouillé au profit d’intérêts étrangers.
Pour plusieurs observateurs, l’intégration des associations d’entrepreneurs sectoriels permettrait non seulement de renforcer la transparence, mais aussi d’assurer que les petites et moyennes entreprises congolaises bénéficient réellement de la manne économique générée par les grandes compagnies minières, pétrolières ou de télécommunications.
Ce bras de fer entre l’État, la FEC et les entrepreneurs locaux pourrait marquer un tournant décisif dans la bataille pour l’émergence d’un véritable tissu économique national. Mais une question demeure, les contrôles annoncés déboucheront-ils sur des sanctions concrètes et une redistribution équitable des marchés, ou resteront-ils une opération de communication sans lendemain ?
Emmanuel Kamba









