Le village de Mukabe Kasari, chef-lieu du groupement du même nom dans la Chefferie des Bayeke, a vibré ce vendredi 19 septembre, au rythme d’un événement majeur : le lancement officiel du processus de redynamisation du Comité Local de Développement (CLD) de cette entité territoriale décentralisée.
À travers cette démarche, les communautés locales s’approprient leur destin en consolidant la gouvernance participative et en traduisant dans les faits la décentralisation inscrite dans le Guide de planification provinciale et locale ainsi que dans la vision des Objectifs de Développement Durable (ODD).
Situé à environ 240 km de Kolwezi, Mukabe Kasari a accueilli une délégation composée du service territorial du Plan de Lubudi, du CLD sortant de la Chefferie des Bayeke et de l’ONG CASMIA-G ASBL (Comprendre et Agir dans les Secteurs Miniers Industriel, Artisanal et de la Gouvernance), sollicitée pour son expertise dans la facilitation de ces travaux.
La première étape a consisté en la mise en place des Comités de Développement du Village (CDV), chacun représenté par trois délégués un homme, une femme et un jeune gage d’une approche inclusive et équilibrée. Ces délégués, réunis séance tenante, ont ensuite pris part à l’élection du Comité de Développement du Groupement (CDG), instance charnière du processus.
Dans une ambiance empreinte de responsabilité citoyenne, cinq candidats se sont affrontés. À l’issue du scrutin, M. Kiri Kabeketi a été élu vice-président du CDG avec 6 voix sur 24, suivi de M. Kibambi Shintwa, élu secrétaire avec 5 voix.
Au total, huit membres dont deux femmes ont été élus, rejoignant d’office le chef de groupement qui assume, conformément au guide de planification, la présidence du comité.

CASMIA-G, un partenaire engagé pour le développement à la base
En présence de M. Fulgence Mupumba Sendeleka, chef de groupement intérimaire, le coordonnateur national de CASMIA-G, Me Schadrack Mukad, a rappelé le rôle stratégique que doivent jouer ces comités pour ancrer le développement au cœur des communautés rurales.
« Ces structures ne sont pas symboliques. Elles doivent être l’instrument de la transformation sociale et économique du groupement, en plaçant l’intérêt collectif au-dessus des ambitions individuelles », a-t-il martelé, appelant les élus à l’abnégation et au service de leur communauté.

Un processus appelé à s’étendre dans toute la chefferie
Cet exercice citoyen ne s’arrêtera pas à Mukabe Kasari. Il se poursuivra dans les six autres groupements de la Chefferie des Bayeke, avec comme finalité l’élection d’un nouveau CLD en 2026 pour un mandat de cinq ans. Les scrutins démocratiques prévus à Bunkeya seront l’occasion pour l’ensemble des CDG de participer comme électeurs et candidats.
Le chef de service du Plan de Lubudi, qui a donné le coup d’envoi de ce processus, a salué la maturité des participants et l’expertise de CASMIA-G. Il a en outre exhorté les autres groupements à emboîter le pas à Mukabe Kasari afin de doter la chefferie d’institutions locales solides, garantes d’un développement participatif et durable.
Au-delà de l’élection d’un comité, l’initiative marque la volonté des communautés de prendre en main leur avenir et de rompre avec la logique d’assistanat. Avec l’appui technique de CASMIA-G, les Bayeke démontrent que la gouvernance locale n’est pas un slogan, mais un chantier vivant qui se construit avec la participation de tous.
Alfred Ngongo









